Jambo !
Lors d'un safari privé de 17 jours au Kenya en novembre/décembre 2016 avec l'agence "Jumbo Kenya Safaris", principalement focalisé sur les oiseaux, nous avons répertorié quelque 170 espèces différentes de cette magnifique gent ailée, mais certains oiseaux observés n'ont pu être identifiés avec certitude et donc, non comptabilisés. C'est malheureusement peu comparé aux plus de 1100 espèces que compte le Kenya!
Ne sont pas repris non plus les oiseaux migrateurs, venus prendre leurs quartiers d'hiver en Afrique.
Ne sont pas repris non plus les oiseaux migrateurs, venus prendre leurs quartiers d'hiver en Afrique.
Accompagnés de Benedict, notre chauffeur, et Suleiman, notre guide, nous avons visité les réserves et parcs suivants: Meru, Samburu, Nakuru, Baringo, Bogoria, Elementaita, Naivasha, Amboseli et Tsavo Ouest.
Lorsque j'ai entamé ce tout premier blog, je n'avais l'intention que de présenter les photos d'animaux observés à l'occasion de ce voyage. Par la suite, je me suis prise au jeu et j'ai voulu rendre hommage à cette nature généreuse et préservée. Mais pour combien de temps encore? La pression démographique galopante, le développement des voies rapides, du chemin de fer, des industries, des villes, le braconnage, la déforestation et l'extension des pâturages pour le bétail rend difficile la cohabitation. En conséquence, les zones protégées sont rognées et beaucoup d'espèces animales sont menacées. Les conflits entre agriculteurs et la faune sauvage s'intensifient. Des fermes s'installent sur des zones protégées, empêchant les animaux de circuler. En représailles aux attaques des lions sur le bétail ou au saccage des cultures par les éléphants, les Massaï ont de plus en plus souvent recours aux insecticides/pesticides pour empoisonner ces animaux. Ils en farcissent des carcasses de chèvres ou de vaches pour appâter les prédateurs. Mais le recours à ces poisons a de graves effets collatéraux: les charognards tels les vautours (dont les populations se sont effondrées) ou les hyènes en paient le prix fort. Il en va de même pour les oiseaux, empoisonnés par pesticides dans les rizières de Bunyala, par exemple.
Il reste à peine 2000 lions au Kenya dont il est l'animal emblématique. Il a disparu dans 90% de son aire originelle. Le Kenya ... "la fin d'un monde"? (Peter Beard). Le dossier est à lire dans le National Geographic d'août 2018.
Il reste à peine 2000 lions au Kenya dont il est l'animal emblématique. Il a disparu dans 90% de son aire originelle. Le Kenya ... "la fin d'un monde"? (Peter Beard). Le dossier est à lire dans le National Geographic d'août 2018.
Le photographe anglais Nick Brandt l'a magnifiquement exprimé lors d'une exposition "testimoniale" en 2016 intitulée "Inherit the Dust" qui rend compte de l'impact humain sur les territoires qu'occupaient autrefois les animaux.
Mais il ne faut pas noircir le tableau pour autant. Des initiatives voient le jour, comme celle de cette entreprise (Seedballs Kenya) qui a élaboré un système pratique, économique et écologique pour replanter des arbres dans les milieux arides: des petites boules de graines (seedballs) sont entourées d'un terreau riche en nutriments et de poussière de charbon. Ce dernier protège la graine des insectes et des rongeurs, tout en retenant l'humidité jusqu'à la saison des pluies. Une compagnie de transport par hélicoptère s'est associée au projet. Chaque fois que l'hélicoptère vole, les occupants jettent les graines qui se dispersent. L'entreprise commercialise aussi depuis peu des graines d'herbes pour ensemencer la savane et les pâturages. A suivre donc ...
J'espère ne pas trop vous "bassiner" avec mes commentaires alarmistes qui émaillent ce blog, mais la préservation de la Nature (avec un grand N) et de l'espèce animale me tient particulièrement à cœur.
Toutes (ou quasi toutes) mes sources sont mentionnées en fin de blog.
Mais il ne faut pas noircir le tableau pour autant. Des initiatives voient le jour, comme celle de cette entreprise (Seedballs Kenya) qui a élaboré un système pratique, économique et écologique pour replanter des arbres dans les milieux arides: des petites boules de graines (seedballs) sont entourées d'un terreau riche en nutriments et de poussière de charbon. Ce dernier protège la graine des insectes et des rongeurs, tout en retenant l'humidité jusqu'à la saison des pluies. Une compagnie de transport par hélicoptère s'est associée au projet. Chaque fois que l'hélicoptère vole, les occupants jettent les graines qui se dispersent. L'entreprise commercialise aussi depuis peu des graines d'herbes pour ensemencer la savane et les pâturages. A suivre donc ...
J'espère ne pas trop vous "bassiner" avec mes commentaires alarmistes qui émaillent ce blog, mais la préservation de la Nature (avec un grand N) et de l'espèce animale me tient particulièrement à cœur.
Toutes (ou quasi toutes) mes sources sont mentionnées en fin de blog.
"Si nous prenons la nature pour guide, nous ne nous égarerons jamais"
"Si nous prenons la nature pour guide, nous ne nous égarerons jamais"
Cicéron
27/11/2016 - Meru
Notre première étape nous conduit de Nairobi à Meru: 350 km - 7 heures de route.
Le parc national de Meru est excentré par rapport aux autres parcs nationaux. Peu de touristes le visitent. Situé aux pieds des contreforts du Mont Kenya, il a bénéficié d’une opération de
grande envergure pour réintroduire les espèces décimées par le braconnage des
années 80. C'est dans ce parc que la célèbre lionne Elsa de Joy and George Adamson fut réacclimatée à la vie sauvage, ainsi que plusieurs animaux élevés en captivité, notamment le guépard Pippa. Il bénéficie d'un biotope très varié, avec une faune diversifiée et endémique.
Nous nous installons au IKWETA CAMP. Charmant camp de 10 tentes spacieuses au toit de chaume, délicatement décorées dans un style safari, et situé à 2 km de l'entrée (Murera) du parc.
Après notre installation, je pars en exploration "périphérique". Pas mal d'oiseaux volettent dans le jardin du camp. Mon regard est attiré par une silhouette jaune vif perchée sur une branche d'acacia.
Quel est donc cet oiseau? Un tisserin assurément, mais lequel? Il ressemble furieusement au Tisserin Safran mais son aire de répartition serait située plus à l'ouest selon le guide "Birds of East Africa" de Terry Stevenson and John Fanshawe.
Tisserin Safran ? (Holub's golden weaver - Ploceus xanthops)
|
Un glougloutement ou plutôt un bruit de bouteille qu'on vide provient d'un bosquet. Ce sont des coucals à sourcils blancs, mais ils se dissimulent dans l’enchevêtrement des branches. Le soleil décline. Il fait déjà trop sombre. Bientôt, chiens et loups vont se disputer le ciel. J'ai faim !
28/11/2016 - Meru
Journée entière dans le parc. Le temps est gris, hélas et la lumière pas au top pour les photos.
Les jumelles au bout des yeux, nous sommes à l'affût. Un cobe à croissant mâle nous observe calmement.
A la limite du parc avec le sanctuaire des rhinocéros noirs (gardés 24h/24h), nous tombons sur un rollier à longs brins arborant une palette de couleurs extraordinaires, digne de Renoir. Cet oiseau peut vivre jusqu'à 20 ans. C'est un adepte du sexe acrobatique: après un vol nuptial assez spectaculaire au cours duquel, par exemple, il se laisse tomber ailes fermées, il s'accouple en vol avec la femelle.
La situation des rhinocéros noirs est très alarmante. Selon l'organisation "Save the rhinos", il en resterait 5500 dans le monde vivant tous en Afrique. WWF estime que le Kenya en abrite 750.
La situation des rhinocéros noirs est très alarmante. Selon l'organisation "Save the rhinos", il en resterait 5500 dans le monde vivant tous en Afrique. WWF estime que le Kenya en abrite 750.
Dans la savane, pas de fil électrique pour le repos des hirondelles! Serait-ce celles qui tridulent dans notre ciel européen? Suleiman se plonge dans son bouquin. Nous penchons pour une hirondelle rustique juvénile.
Un guêpier de Perse s'est posé non loin de nous, tandis qu'un guêpier à gorge blanche semble être à l'affût sur son perchoir. La photo ne le rend pas bien mais son iris est rouge cramoisi. Zorro se serait-il inspiré de ces oiseaux pour son masque ?
Au sol, un francolin huppé vaque à ses occupations, la queue relevée.
L'aigle ravisseur attend son petit déjeuner. Ce rapace est sédentaire, territorial et occupe la même zone pendant plusieurs années consécutives. Il est monogame et reste lié à sa femelle toute sa vie.
Une masse sombre ne nous lâche pas du regard: un buffle massif et peu engageant, malgré son air paisible, une ombrette dans son ombre. Nous ne nous attarderons pas car ce sont des animaux belliqueux et très dangereux.
Sur une termitière, un agame des colons mâle se réchauffe l'échine au soleil pour retrouver ses couleurs perdues la nuit, et surveille son territoire.
Un calao à bec rouge émet quelques gloussements "kok-kok-kok". Contrairement à la plupart des autres espèces de calaos, le bec n'est pas surmonté d'un casque creux.
Sur les berges caillouteuses d'une rivière, un chevalier guignette s'étire. Alors que nous la traversons, nous tombons sur un martin-pêcheur géant qui semble indifférent à notre présence. Sa taille de 46 cm fait de lui le plus grand des martins-pêcheurs.
De retour dans la savane, un busard pâle en vol stationnaire semble avoir repéré une proie.
Nous terminerons la journée par un autour à ailes grises au repos. Nous ne tarderons pas à l'imiter!
Mais où sont les éléphants, girafes, zèbres, gazelles, impalas, oryx, phacochères .... ? Nous les avons tous vus à Meru, même les rhinocéros noirs dans leur vaste enclos, mais patience ... Le safari ne fait que commencer.
"Adopte le rythme de la nature, son secret est la patience"
Ralph Waldo Emerson
| Cobe à croissant (Common waterbuck) |
Rollier à longs brins (Lilac-breasted roller - Coracias caudatus)
|
| Busard pâle (Pallid harrier - Circus macrourus) |
![]() |
| Hirondelle rustique (Barn swallow - Hirundo rustica) |
| Francolin huppé (Crested francolin - Dendroperdrix sephaena) |
| Guêpier de Perse (Blue-cheeked bee-eater - Merops persicus) |
| Aigle ravisseur (Tawny eagle - Aquila rapax) |
| Buffle et ombrette |
| Agame des colons (agama agama) |
| Calao à bec rouge (Red-billed hornbill - Tockus erythrorhynchus) |
| Chevalier guignette (Common sandpiper - Actitis hypoleucos) |
| Martin-pêcheur géant (Giant kingfisher - Megaceryle maxima) |
| Autour à ailes grises (Eastern chanting goshawk - Malierax poliopterus) |
29/11/2016 - Samburu
Après une bonne nuit passée en compagnie d'une chorale de crapauds qui coassaient à qui mieux mieux et un copieux petit déjeuner, nous quittons à regret notre tente. Susan, la propriétaire du camp, est venue nous saluer avant notre départ et vérifier que la voiture était en ordre vu que la veille, les freins bloquaient parfois intempestivement.
Direction Samburu (170 km, 2 heures 30 de route) où nous arrivons vers 12 heures à notre lodge: le Samburu Sopa, situé au cœur de la réserve au nord des contreforts du mont Kenya. Chambre standard "simple" mais très confortable (cottage). Accueil très sympathique. Nous sommes les seuls touristes !
Vers 15h30, nous partons à la découverte de la réserve. Magnifique! La rivière Ewaso N'giro qui la sépare de la réserve Buffalo Springs est bordée d'acacias et de palmiers doum. Paysage de collines et de vastes plaines. C'est normalement une région très aride, mais nous avons de la chance. Il a plu durant 2 jours avant notre arrivée et le bush a reverdi, les ruisseaux sont gonflés. C'est prometteur ...
En effet, nous rencontrons rapidement des pintades vulturines. D'après le site "oiseaux.net", je cite: "Avec son plumage mêlé de bleu-cobalt, de lilas, de noir et de blanc, ... c'est la plus grande et la plus colorée de toutes les pintades. Elle doit son nom à la ressemblance de sa tête et de son cou avec ceux d'un vautour."
Un petit oiseau surmontant une meule de paille nous interpelle: c'est le sporopipe quadrillé! Quel drôle de nom pour ce petit passereau 😄
Le francolin huppé, que nous rencontrerons souvent, nous ignore tout en picorant.
Mais voilà qu'un petit dik-dik, bien fragile sur ses pattes, semble tout interloqué en nous voyant (il faut dire que nous ne croiserons quasi personne dans la réserve).
Un drongo brillant se tient fermement sur une branche d'arbre.
La lumière décline, il nous faut rentrer.
Sur le chemin du retour, bingo! Nous apercevons un caracal se faufilant à travers de hautes herbes. C'est une chance de l'avoir aperçu car c'est un animal plutôt nocturne. On l'appelle aussi lynx africain. J'ai lu quelque part que caracal signifiait "oreilles noires" en turc.
Plus loin, nous bloquant quasiment la route, une famille de lions. Les petits jouent à l'écart sous le regard attentif de leur mère. Qu'ils sont mignons. On dirait des peluches! Il est à noter que les mâles n'arborent quasiment pas de crinière.
Retour au lodge. Nous fêtons nos belles rencontres en buvant une Tusker bien fraîche.
Un garde nous raccompagne au cottage après le souper car nous sommes au milieu de la réserve, qui n'est pas clôturée. De plus, il y a des éléphants non loin.
| Pintade vulturine (Vulturine guineafowl - Acryllium vulturinum) |
| Sporopipe quadrillé (Speckle-fronted weaver - Sporopipes frontalis) |
| Francolin huppé (Crested francolin - Dendroperdrix sephaena) |
| Dik-dik de Kirk |
| Drongo brillant (Fork-tailed drongo - Dicrurus adsimilis) |
| Lion |
| Caracal |
"De son berceau de brume
à peine avait paru l'aurore
aux doigts de rose"
Homère
30/11/2016 - Samburu
Debout à 5h30. La nuit s'étire doucement et l'aube paresse encore un peu. Brrrr ...il fait frais à cette heure matinale, même sous l'équateur. Nous buvons rapidement une boisson chaude et nous partons à la recherche d'un félin tacheté: le léopard. Hélas, il restera introuvable malgré les traces de pattes que nous suivons tels de fins limiers.
Un calao à bec jaune fait le guet. Serait-il passé par ici ?
Deux autours à ailes grises se tournent le dos, comme s'ils boudaient.
Une girafe réticulée tend son long cou pour atteindre les jeunes pousses d'acacia. Il y a quatre espèces de girafes; nous en verrons trois. Celle-ci se différencie des autres par ses larges taches polygonales allant du fauve au brun, nettement séparées par des marbrures blanches ou crème. Il paraît que la couleur de la robe fonce avec l'âge.
Quelle que soit l'espèce, les girafes ont la langue bleue, voire noire, donc concentrée en mélanine. Les scientifiques pensent que cela les protégerait des coups de soleil lorsqu'elles attrapent les feuilles des acacias pour les manger. A noter que seule la partie visible est bleutée. Ses dents agissent comme un peigne pour effeuiller les branches. Les cactus ne l'effraie pas non plus. La girafe produit une salive anti-bactérienne qui empêche l'infection des blessures éventuelles de la langue. Les parois du gosier et de l'estomac sont suffisamment résistantes pour éviter que les épines ne les transpercent.
Elles ont également une démarche peu commune: elles marchent à l'amble, c'est-à-dire par bipèdes latéraux (comme le chameau, l'éléphant ou certains chiens), leur donnant une allure chaloupée. Ce qui ne les empêchent pas de pouvoir courir à 60 km/h et de maintenir la cadence pour distancer les lions, leurs seuls prédateurs.
Elles résistent bien à la chaleur. Leur pelage les aide à réguler leur température corporelle. La peau sous les taches foncées est plus fine et moins touffue, lui permettant ainsi d'éliminer plus facilement la chaleur.
Quant à son cœur, il est 30 fois plus gros que celui d'un humain. La pression sanguine est deux fois plus élevée.
Et pour compléter ce tour d'horizon biologique, la girafe est un ruminant. Les muscles de l’œsophage se contractent par vagues successives pour faire remonter la nourriture dans la bouche. Un adulte peut consommer près de 60 kg de végétaux par jour.
Vous l'aurez compris, j'aime les girafes 😍
Un fauconnet d'Afrique, le plus petit des rapaces, scrute le sol.
Mais voici qu'un lymphatique zèbre de Grévy fait son apparition. Il se distingue des autres zèbres par ses rayures noires sur fond blanc, plus fines, plus rapprochées et discontinues, des oreilles rondes et un museau étroit. Son ventre est entièrement blanc.
Une outarde kori à la fière allure arpente la savane de ses longues pattes.
Un petit groupe de gazelles de Grant broutent en paix. On ne vous dérange pas, j'espère ?
Serait-ce un circaète brun là-haut? Nous hésitons ... Et hop, le voilà qu'il prend son envol.
Un oryx beisa avance d'un pas nonchalant et se fige. Nous sommes repérés !
Mais ... qu'est-ce là, sous les branches d'un buisson? Un couple de lions fait la sieste, le mâle les quatre fers en l'air (comme mon chat 😃). Chuuut, ne pas déranger!
Connaissez-vous le mets préféré des lions? Ils raffolent du zèbre 😋
Un chacal à chabraque hésite: j'y vais? J'y vais pas? La chabraque est "une couverture ou peau que l'on mettait autrefois sur les chevaux de cavalerie". On l'appelle aussi chacal à dos noir à cause de la bande de pelage noire qui recouvre son dos, de la tête à la queue.
Mais il se fait tard, il est 9h00, nous devons rentrer pour le petit-déjeuner.
| Calao à bec jaune (Eastern yellow-billed hornbill - Tockus flavirostris) |
| Autour à ailes grises (Eastern chanting goshawk - Melierax poliopterus) |
| Tourterelle masquée (Namaqua dove - Oena capensis) |
| Girafe réticulée (Giraffa reticulata) |
| Fauconnet d'Afrique (Pygmy falcon - Polihierax semitorquatus) |
| Zèbre de Grévy |
| Mais qui donc lui a coupé les pattes et le museau ? |
| Outarde kori (Kori bustard - Ardeotis kori) |
| Gazelles de Grant |
| Circaète brun ? (Brown snake eagle - Circaetus cinereus) |
| Oryx beisa |
| Lion |
| Chacal à chabraque (Black-backed jackal) |
Après le petit-déjeuner, je mets à profit la pause pour observer la faune qui se presse aux abords du restaurant ouvert sur la plaine.
Un audacieux bulbul des jardins s'aventure sur la table que nous venons de quitter et chaparde des miettes de pain. Il s'envole alors que j'approche à pas de loup et va se percher sur une branche, le cou tendu en alerte, me reprochant certainement de l'avoir dérangé !
Une boule de plumes couleur cannelle et au bec rouge semble s'être mise sur "pose"; un large "C" blanc inversé, comme tracé à la craie, lui ceint l’œil à l'iris rouge: c'est le cordonbleu violacé femelle.
Voici qu'une nouvelle énigme se profile: quel est donc cet oiseau qui se dresse comme une sentinelle silencieuse et semble nous défier ? Malgré toutes mes recherches, je n'ai pu trouver son nom 😔
Mon regard est bien vite attiré par une ombre furtive qui se déplace rapidement au sol: un écureuil fouisseur vient de stopper net en découvrant son trésor du jour: un morceau de pain que le serveur avait jeté par-dessus le muret et qu'il s'empresse de grignoter debout sur ses pattes postérieures.
Plus loin, un calao de Jackson attend peut-être lui aussi qu'une aumône lui tombe du ciel.
Alors que je m'apprête à retourner au bungalow, un spréo ou choucador superbe vient se poser à proximité, l'air sévère. On dirait qu'il me fait de grands yeux ! Il porte bien son nom cet oiseau. Son plumage est en effet très joli, variant du bleu profond au bleu-vert irisé. L'abdomen est châtain-roux, la tête est noire ce qui fait ressortir ses yeux blancs. Pas de dimorphisme sexuel.
Quel est donc ce bruit dans mon dos se demande le républicain de Cabanis.
| Bulbul des jardins (Common bulbul - Pycnonotus barbatus) |
| Cordonbleu violacé (Purple grenadier - Uraegintus ianthinogaster) |
| ???? |
| Ecureuil fouisseur (Unstripped ground squirrel - Xerus rutilus) |
| Calao de Jackson (Jackson's hornbill - Tockus jacksoni) |
| Choucador superbe (Super starling - Lamprotornis superbus) |
| Républicain de Cabanis (Black-capped social weaver - Pseudogrinita cabanisi) |
De retour au bungalow, je me repose un peu avant de repartir à l'aventure. Quelqu'un frappe à la porte fenêtre: 2 calaos à bec jaune martèlent la vitre. Que veulent-ils donc ?
Du lit, j'assiste en "live" à un film documentaire digne du National Geographic. Deux dik-dik broutent à l'aise devant la fenêtre (ils vont toujours par deux) et, plus loin, des zèbres paissent paisiblement. Pas besoin de télévision. Le spectacle est dehors.
Il est 15h30. On se remet en route. Où sont les animaux? La savane est déserte. Font-ils donc tous la sieste ?
Au détour de la piste, un groupe d'éléphants s'avancent vers nous. Enfin, me direz-vous! Ce ne sont évidemment pas les premiers que nous voyons ... Nous nous arrêtons car il ne faut jamais couper la trajectoire de ces pachydermes, d'autant plus qu'il y a trois éléphanteaux qui trottinent allègrement derrière la meneuse. Ils traversent la piste en silence. Quelle force tranquille!
Quelques autruches somaliennes s'encourent à notre approche. Heureusement, elles ne vont pas très loin, ce qui nous permet de les observer à l'aise. Cette espèce d'autruche a les pattes et le cou gris-bleu.
La savane se réveille doucement ... Une antilope girafe appelée aussi gazelle de Waller ou gérénuk est tout affairée à se nourrir de feuilles qu'elle atteint facilement en tendant son long cou (d'où son nom) et étirant la langue ou, mieux encore, en se dressant sur ses fins membres postérieurs. Elle ne semble pas effrayée par les longues épines de l'acacia. A ce propos, je vous renvoie à Wikipedia qui nous renseigne que "les variations du nombre d'épines sur les branches de ces arbres ainsi que leur longueur sont reliées au taux d'herbivorie".
Un vervet nous regarde placidement. Non, la photo n'est pas truquée, ses testicules sont bleu turquoise et le pénis est rouge 😉 Plus le bleu est vif, plus il attire des femelles et plus haut il se trouve dans la hiérarchie.
L'après-midi s'étire... Nous décidons de rentrer au lodge. Sur le chemin du retour, un perroquet à ventre rouge nous donnera du fil à retordre. Impossible de le photographier mieux que la photo présentée. Dommage.
Par contre, un alecto à tête blanche se laisse tirer le portrait sans sourciller.
Au-dessus de nous, un bateleur des savanes juvénile a déployé sa grande voilure et se laisse porter par les courants. Sa queue, quoique courte, lui permet de se balancer d'un côté à l'autre en vol. Il peut atteindre les 80 km/h. Lors des parades nuptiales, il peut effectuer des pirouettes acrobatiques, des retournements impressionnants ainsi que des remontées en chandelle. Il plonge vers la femelle qui se retourne sur le dos et lui présente ses serres et ils se saisissent l'un l'autre. Le terme "bateleur" désigne une personne qui faisait des tours d'acrobatie, d'adresse ou de force sur les places publiques ou les foires.
Le couple est uni pour la vie et réutilise le même nid d'année en année, construit dans les arbres les plus hauts, dans une partie abritée (acacias ou baobabs, ses préférés). Son régime est varié. Il apprécie les serpents et, comme la nature est très bien faite, ses pattes sont recouvertes d'écailles, ce qui le protège en cas de morsures: le venin ne passera pas dans son sang. C'est un grand patrouilleur au rayon d'action de près de 400 km par jour !
Au dîner, nous avons de la compagnie: une genette pointe son museau et se glisse entre les tables. Elle semble bien connaître les lieux. Elle a des mœurs nocturnes et il est difficile de la photographier sans flash. Zut, j'ai laissé mon appareil photo dans la chambre. Tant pis, elle reste imprimée sur ma rétine.
| Autruche somalienne (Somali ostrich - Struthio molybdophanes) |
| Vervet (Chlorocebus pygerythrus) |
| Perroquet à ventre rouge (Red-bellied parrot -
Poicephalus rufiventris) |
| Alecto à tête blanche (White-headed buffalo weaver - Dinemellia dinemelli) |
| Bateleur des savanes (Bateleur - Terathopius ecaudatus) |
Au petit-déjeuner, une touriste arrivée la veille nous demande si nous avons entendu rugir le lion la nuit. Il semblait si près qu'elle a pris peur. C'était sans doute un mâle car son rugissement peut s'entendre jusqu'à 5 km. RAS pour notre part, nous avons dormi comme des loirs.
Nous avions prévu d'aller à Buffalo Springs qui est une réserve située au sud de celle de Samburu, de l'autre côté de la "rivière brune".
Alors que nous approchons de la rivière et que nous observons un aigle ravisseur au poste de vigie, des vanneaux éperonnés, des martins-chasseurs à tête grise et quelques éléphants qui font leurs ablutions, notre chauffeur reçoit un appel sur sa cibie: des guépards ont été repérés dans la réserve de Samburu! Nous faisons demi tour illico et nous nous empressons de rejoindre l'endroit où ils ont été aperçus. Je me demande d'ailleurs comment notre chauffeur sait avec précision où se rendre dans cette savane. Bref, arrivés sur place, on ne se bouscule heureusement pas au portillon. Un seul 4x4 est présent, celui de la touriste du petit déjeuner. Quatre guépards (la mère et ses 3 ados) semblent mollement endormis à l'ombre d'un acacia. Mais pas pour longtemps. Ils vont vite se redresser, jouer, embêter leur mère, se batailler ... Quelle joie de voir ces jeunes s'épanouir quand on sait que le taux de mortalité infantile est très élevé. Sans compter que selon une étude britannique de décembre 2016, le guépard est en voie d'extinction (lire l'article du Monde daté du 27/12/2016).
Petit aparté sur sa technique de chasse: même s'il est considéré comme un des mammifères quadrupèdes les plus rapides (pointe de 115 km/h sur courte distance), c'est surtout grâce à sa puissance musculaire, son adhérence au sol et à la manœuvrabilité de son corps qu'il réussit à capturer ses proies préférées, les impalas. Mais pas à tous les coups! Il faut savoir que ces derniers ont développé une tactique qui consiste à ralentir et faire brusquement un écart pour échapper aux griffes du félin. Selon des scientifiques, si la proie potentielle est au maximum de sa vitesse, elle ne peut plus accélérer et ses mouvement deviennent prévisibles (plus d'infos ici).
Nous passerons plus d'une heure à les contempler. On ne s'en lasse pas! Qu'ils sont élégants et gracieux, à l'allure svelte et au joli minois présentant deux lignes noires comme deux sillons creusés par trop de larmes versées sur leur sort. La mort dans l'âme, nous les abandonnons à leurs jeux et repartons vers Buffalo Springs.
La rivière est en vue. Il faut se dépêcher. Une trentaine d'éléphants sont en train de la traverser et nous allons rester calés sur la berge car ils risquent de nous couper la route. La cibie grésille et annonce une nouvelle incroyable. Dilemme: devons-nous de nouveau faire demi-tour ou, au contraire, continuer notre chemin ? L'animal qui nous attend (ou pas) vit caché et est difficile à observer. On tente notre chance et nous repartons en sens inverse. Notre chauffeur conduit aussi vite que possible sur ces pistes caillouteuses et nous y voilà. Il connaît vraiment la savane comme sa poche! Tiens, c'est le même 4x4 qui a donné l'alerte. Personne d'autre à l’horizon. Mais où est-il ? Il semblerait qu'il soit allé se reposer un peu plus loin, sous un arbre. Damned! Le verrons-nous enfin ? Nous contournons un pauvre impala sacrifié et nous le découvrons haletant à l'ombre ... le majestueux léopard ! Il est bien caché par la végétation, on le distingue à peine. Nous restons à bonne distance, pour ne pas le déranger. Mais voilà qu'il se lève et passe nonchalamment à seulement quelques mètres devant nous. On croit rêver. Il avance paisiblement et disparaît dans le bush. Nous ne le reverrons pas. Whaou, cette matinée est à marquer d'une pierre blanche.
Rappelons au passage qu'une nouvelle fois, plusieurs menaces pèsent sur le léopard: le braconnage pour sa peau et ses os utilisés dans la pharmacopée traditionnelle asiatique, la raréfaction de ses proies due au rétrécissement de son territoire, ce qui l'amène à chasser du bétail et donc, engendre des conflits avec les éleveurs. L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) le classe comme vulnérable.
| Aigle ravisseur (Tawny eagle - Aquila rapax) |
| Vanneau éperonné (Spur-winged lapwing - Vanellus spinosus) |
| Vanneau éperonné |
| Martin-chasseur à tête grise (Grey-headed kingfisher - Halcyon leucocephala) |
| Guépards (Cheetah - Acinonyx jubatus) |
| Léopard (Leopard - Panthera pardus) |
Cet arbre emblématique de la savane africaine est parfaitement adapté à la sécheresse, ses racines s'enfonçant dans le sol jusqu'à près de 45 mètres pour aller chercher l'eau.
Il a plusieurs tours dans son sac. L'acacia siffleur, par exemple, possèdent des excroissances creuses à la base des épines abritant des centaines de fourmis qui attaquent quiconque les touche. Et que dire de sa botte secrète? Lorsqu'il est "attaqué", notamment par une girafe qui vient brouter ses feuilles tendres, celles-ci libèrent des substances chimiques volatiles prévenant les arbres avoisinants qui, en moins de 15 minutes, réagissent en multipliant par 3 la teneur en tanin de leurs feuilles, les rendant toxiques.
Le paysage est enchanteur: des rivières bordées d'acacias et de palmiers doums serpentent doucement, des collines verdoyantes ondulent au soleil sur fond de ciel bleu délavé, des girafes broutent au loin en compagnie de zèbres et de gazelles. Une vraie carte postale. Il fait chaud à cette heure et les animaux se cachent. Notre escapade se révèle peu fertile, à part un babouin cynocéphale (ou jaune) en train de mâchouiller un brin d'herbe, une girafe réticulée plutôt sociable et un crocodile du Nil assoupi sur une langue de terre sablonneuse. Nous décidons de rentrer au lodge et de profiter de la piscine sous le regard de tisserins occupés à construire des nids magnifiques convoités par d'autres oiseaux plus paresseux! Il s'agit de boules tressées avec la dextérité d'un grand couturier, suspendues aux branches de l'arbre sur lequel ils nichent, et dont l'entrée se situe en-dessous. Ces tisserins sont aussi de grands acrobates car ils n'hésitent pas à faire le grand écart ou à s'accrocher la tête en bas pour édifier leur nid. La famille des tisserins compte 65 espèces!
| Babouin cynocéphale (Yellow baboon - Papio cynocephalus) |
| Girafe réticulée (Reticulated giraffe - Giraffa reticulata) |
| Crocodile du Nil |
| Tisserin ... (Weaver) |
2/12/2017 - Nakuru
Debout à 5h45! Nous partons aujourd'hui pour Nakuru: 290 km - 6h30 de route.
Le parc de Nakuru est assez petit (200 km²) et entièrement clôturé. Il englobe le lac et ses abords immédiats, les falaises le long de sa limite occidentale, les forêts sur la rive est et enfin l’immense zone de savane qui s’étend au sud. Cette grande variété de paysages explique l’exceptionnelle richesse de la faune.
Nous repassons l'Equateur et nous nous dirigeons vers la vallée du Rift. A cette altitude (2350 m) il fait relativement frais.

Arrivée au Lake Nakuru Lodge vers 14 heures, juste à temps pour le déjeuner, face à une prairie où quelques babouins se chamaillent et au lac que nous apercevons dans le lointain.
Mais voilà qu'un babouin peu amène, surgi de nulle part, lance une opération éclair, saute sur la table de touristes espagnols à côté de la nôtre, chipe du pain puis saute sur notre table mais, n'y trouvant rien, retourne sur la précédente, rafle tout le pain restant et s'enfuit avec son larcin. En moins de 2 minutes, le tour était joué! Un garde est bien vite appelé en renfort, muni d'un simple bâton et d'une catapulte ! Le babouin est un animal dangereux, ses longues canines pouvant occasionner des plaies mortelles.
Peu avant 16 heures, nous descendons vers le lac. Situé à +/- 1760 m d’altitude, c'est un des 7 lacs qui se succèdent le long du Rift. Sa nature alcaline favorise la présence d'algues microscopiques dont se nourrissent les colonies de flamants roses et nains qui se déplacent d'une extrémité à l'autre de la vallée du Rift.
Des rhinocéros blancs paissent tranquillement et ne s'occupent nullement de nous. Ils sont sous bonne garde. Les rangers ne sont jamais loin.
Un buffle tout crotté de son bain de boue se pourlèche les babines en nous voyant passer. Heu ... serions-nous appétissants ? 😉 Son régime ne permet pas cet écart, il est strictement herbivore!
Une jeune girafe de Rothschild fait le taxi de brousse et offre le couvert à plusieurs pique-boeufs à bec rouge qui, en retour, la débarrassent de ses parasites. Cette espèce de girafe ne possède pas de taches au-dessous du genou, comme si elle portait de longues chaussettes blanches. Elle est répertoriée en voie d’extinction sur la liste rouge de l'UICN. On en dénombrerait moins de 700 en liberté! Elle doit son nom au banquier et zoologue Walter Rothschild qui fut le premier à découvrir cette espèce.
Du haut de leur poste d'observation, 2 congénères scrutent la savane aux 4 points cardinaux permettant à la 3e de se rassasier en paix.
Deux impalas mâles croisent le fer, ou plutôt leurs cornes en forme de lyre, par jeu ou pour défendre leur territoire, devant un troupeau de buffles impavides.
Sur le lac, des flamants roses se reposent ou se toilettent. Certains se toisent et font des manoeuvres d'intimidation.
Attention ... en voilà un qui a mal réglé son assiette, vire sur l'aile et atterrit sur une patte.
Un autre, la goutte au nez, interroge le miroir d'eau: suis-je toujours le plus beau ?
Les deux sexes sont semblables, mais le mâle est généralement plus grand que la femelle. Le couple est stable.
Le juvénile est gris-brun. La couleur rose n'apparaît qu'au bout de 4 à 7 ans.
| Rhinocéros blanc (White rhino - Ceratotherium simum) |
| Buffle (African buffalo - Syncerus caffer) |
| Girafe de Rothschild (Rothschild's giraffe - Giraffa camelopardalis rothschildi) |
| Girafe de Rothschild |
| Impalas (Aepyceros melampus) |
| Flamants roses (Greater flamingo - Phoenicopterus roseus) |
Deux sarcelles du Cap sont stoïquement ancrées dans la vase. Ces canards sont originaires de l'Afrique subsaharienne. Les mâles jouent un rôle important dans l'élevage des jeunes (contrairement aux autres canards de surface) et défendent vigoureusement leur progéniture.
Un tantale ibis a déployé sa grande voilure et plane silencieusement au-dessus de nous.
Un petit limicole est à la recherche de nourriture: c'est le bécasseau minute venu hiverner loin de sa zone de reproduction des régions arctiques.
Ce lac est un véritable garde-manger pour bien d'autres oiseaux: échasses blanches, cormorans, pélicans, spatules africaines, vanneaux, ouettes, etc. Le soleil décline et la lumière devient rasante. Malheureusement, nous devons quitter ce petit paradis car notre chauffeur nous signale que le démarreur de la voiture pose problème et qu'il doit aller le faire réparer à la ville avant la fermeture du garage.
En remontant, nous nous heurtons à la triste réalité de la vie sauvage: un rapace (mais lequel ?) vient de s'attaquer à une ouette sans défense et la traîne au loin pour la dépecer à son aise. Manger ou se faire manger, telle est la dure loi de la nature !
Dans les jardins du lodge, nous surprenons le cossyphe à sourcils blancs fouillant le sol à la recherche d'insectes. C'est un passereau de la taille d'une grive. Il en existe différentes espèces, exhibant plus ou moins tous un ventre orange vif.
| Sarcelles du Cap (Cape teal - Anas capensis) |
| Tantale ibis (Yellow-billed stork - Mycteria ibis) |
| Bécasseau minute (Little stint - Calidris minuta) |
| ?? |
| Cossyphe à sourcils blancs (Grey-winged robin-chat - Cossypha polioptera) |
3/12/2016 - Nakuru - Baringo
Hakuna matata !
Avant de quitter Nakuru, nous faisons un safari matinal autour du lac. Certaines pistes sont fermées, elles sont toujours inondées.
Une bande de colious rayés hirsutes sont perchés sur des acacias à troncs jaunes, aussi appelé arbres à fièvre. Il est emblématique du lac Nakuru (il pousse en zone humide) et doit son nom au fait qu'il est inopportunément associé à la malaria transmise par les moustiques de cette région.
La silhouette d'un bucorve du Sud se détache du ciel en ombre chinoise.
Un choucador à oreillons bleus nous observe de son œil sévère orange vif. N'est-il pas splendide dans sa livrée bleu-vert ? Son plumage est iridescent, c'est-à-dire dont la couleur semble varier selon l'angle sous lequel on le regarde. On doit cet effet aux barbules de ses plumes. Les couvertures auriculaires ont une teinte bleutée, ce qui lui a donné son nom. Au Kenya, on le trouve dans les régions montagneuses supérieures à 1500 mètres et bien arrosées.
Deux altières grues royales sont face à face. Que se disent-elles? Une déclaration d'amour? Elles vivent en couple parfois établi pour la vie. Pas de dimorphisme sexuel. Selon l'UICN, qui classe l'espèce "en danger", son statut est menacé par la perte et la dégradation de ses zones de nourrissage (surpâturage, pesticides, écobuage ...ou encore empoisonnements).
Voilà donc une étrange cigogne dont le bec arbore les couleurs du drapeau de la Belgique. Il s'agit du jabiru d'Afrique. Avec le marabout, c'est la plus grande espèce de cigogne (145-150 cm). Le mâle a des yeux brun foncé et est plus grand que la femelle. Celle-ci a des yeux jaune doré. On peut donc résolument dire que la photo est celle d'un mâle.
Sur un arbre perché, en l’occurrence un acacia au tronc jaune, se tient un aigle martial. Il porte bien son nom car il en impose par sa taille, son attitude résolue, son regard perçant et la sensation de puissance qu'il dégage. Ce n'est pas le plus grand des aigles africains (96 cm) mais c'est celui qui a la plus grande envergure (212 à 260 cm). Pas de dimorphisme sexuel marqué, sinon que la femelle est sensiblement plus grande que le mâle. C'est un redoutable prédateur qui peut s'attaquer aux antilopes.
Nous croiserons le chemin d'un autre chasseur féroce, à poils celui-là: l'hyène tachetée. Elle se nourrit, certes, de charognes, mais c'est une véritable "Diane chasseresse". Des études ont montré que, dans le Serengeti, 53% des proies étaient tuées par des hyènes, contre 33% par des lions. Et ce chiffre monte même à 84% dans le Ngorongoro, contre 6%. Elle est très vorace et ses puissantes mâchoires broient les os les plus solides qu'elle digère très bien grâce à des sucs digestifs qui vous troueraient l'estomac!
Gare à la pauvre gazelle de Thompson qui broute non loin de là !
L’œil affûté d'un aigle bateleur adulte nous a repérés. Comme tous les aigles, son œil est adapté à la chasse de jour et à grande vitesse. Son globe oculaire est relativement gros et sa rétine a plus de cônes (ce qui lui permet d'avoir une image nette et colorée) que de bâtonnets (plus d'infos ici).
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| Lac Nakuru (Nakuru lake) |
| Colious rayés (Speckled mousebird - Colius striatus) |
| Bucorve du Sud (Southern ground hornbill - Bucorvus leadbeateri) |
| Choucador à oreillons bleus (Greater bule-eared starling - Lamprotornis chalybaeus) |
| Choucador à oreillons bleus |
| Grues royales (Grey crowned crane - Balearica regulorum) |
| Jabiru d'Afrique (Saddle-billed stork - Ephippiorhynchus senegalensis) |
| Aigle martial (Martial eagle - Polemaetus bellicosus) |
| Aigle martial |
| Hyène tachetée (Spotted hyena - Crocuta crocuta) |
| Gazelle de Thompson (Thompson's gazelle - Gazella thomsonii) |
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| Aigle bateleur (Bateleur - Terathopius ecaudatus) |
Nous nous arrêtons dans une rue qui semble être dédiée aux marchands de canapés. Tous vachement charpentés et d'un goût douteux, enfin pas à notre goût. C'est samedi et, à Nakuru, c'est le jour des mariages. Ça crée des embouteillages. C'est aussi l'occasion de se saper et, pour les dames, de se coiffer. La grande mode ici c'est de porter une perruque de cheveux plats, noirs à mèches rouges et de faire des extensions de tresses rousses ou blondes. Donc, on s'arrête au bord de la route. Notre chauffeur a rendez-vous avec un vendeur de pièces d'occasion encore toutes bonnes. Et, incroyable, le vendeur est là! De plus, sans le savoir, nous sommes au garage ! Après de courtes palabres, le vieux démarreur est extrait et le nouveau mis en place. Pas plus de 40 minutes !
Parfaitement intégré dans la nature, ce lodge domine le lac. Toit de feuilles de palmier, chambre et salon confortables ouvrant sur une grande baie donnant sur le lac, fermée uniquement par des moustiquaires et une toile de tente. Un grand lit rond, des troncs d'arbre vernis pour l'encadrement des fenêtres et une décoration de bon goût. La salle de bain privative est à l'extérieur, mais pas les toilettes.
Belle grande piscine. Excellente cuisine. Et, cerise sur le gâteau, un observatoire astronomique.
Seuls touristes, nous sommes soignés aux petits oignons. Que du bonheur !

Après un copieux déjeuner, nous prévoyons de faire une excursion sur le lac, mais il est agité car le vent souffle fort. Mieux vaut reporter à demain. On en profite pour se reposer et observer les oiseaux dans le jardin.
En voilà justement un qui est présent toute l'année autour du lac Baringo et qui est endémique du nord Kenya (avec la Somalie et l'Ethiopie): le Rufipenne de Salvadori. Il est cavernicole et niche dans des trous de falaises.
Très commun, le mahali à sourcils blancs est un petit passereau. Tout comme le choucador de Rüppell, mais plus grand. Il atteint 36 cm de longueur dont les 2/3 pour la queue.
Le tisserin intermédiaire est un hôte fréquent également.
Un barbican à tête noire semble attentif à mon approche et prêt à s'envoler au moindre pas de plus. Il existe 32 espèces de barbicans.
Dans le genre "vous me rappelez votre nom?", celui-ci est bien placé au panthéon ornithologique: la cichladuse tachetée! Sorte de grive musicienne, c'est une lève tôt qui interpelle l'aube de son chant flûté.
Mais c'est plutôt le crépuscule qui m'empêche de poursuivre mes observations. Retour au bungalow. Le soleil s'est caché derrière des nuages grisonnants, la nuit va bientôt engloutir le lac ridé comme une plage de sable à marée basse.
Pendant la nuit, j'entends des sons gutturaux près de notre bungalow. Qu'est-ce donc ?
| Rufipenne de Salvadori (Bristle-crowned starling - Onychognathus salvadorii) |
| Mahali à sourcils blancs (White-browed sparrow-weaver - Plocepasser mahali) |
| Choucador de Rüppell (Rüppell's starling - Lamprotornis purpuroptera) |
| Tisserin intermédiaire (Lesser masked weaver - Ploceus intermedius) |
| Barbican à tête noire (Black-throated barbet - Tricholaema melanocephala) |
| Cichladuse tachetée (Spotted palm thrush - Cichladusa guttata) |
4/12/2017 - Baringo
Il faut en avoir le cœur net. Le soleil n'est pas encore levé mais je distingue une ombre dans l'arbre près de notre bungalow. Je me frotte les yeux pour les dessiller. Bon sang ... c'est un grand-duc de Verreaux qui m'accueille par une espèce de grognement "gwook gwook" et qui me toise. C'est le plus grand rapace nocturne d'Afrique (65 cm, 140 cm d'envergure).
Vous avez remarqué comme son fard à paupière rose sied bien à son teint laiteux ? 😉
La journée s'annonce belle !
| Grand-duc de Verreaux (Verreaux's eagle owl - Bubo lacteus) |
Après le petit déjeuner, nous partons en pirogue à moteur pour une balade sur le lac, accompagnés d'un barreur et d'un guide auto-proclamé ornithologue, aux dents jaune-brun comme tous les habitants de la région consommant l'eau du lac à haute teneur en fluor.
Le lac Baringo est le second lac d'eau douce du Rift (1025 mètres d'altitude, 170 km² de superficie et 12 mètres de profondeur). Ici, les failles sont bien visibles. Il est bordé de falaises rouges abruptes, vient ensuite une première rangée de collines et, plus loin, des montagnes plus élevées.
On commence par explorer les berges du lac. Une bergeronnette pie nous salue au passage.
Un chevalier guignette a quitté son Eurasie pour prendre ses quartiers d'hiver sous des latitudes plus clémentes.
Un cormoran africain aux yeux rubis semble perdu dans ses pensées.
Un martin-pêcheur pie se repose entre deux plongeons.
Le profil en forme d'enclume de cet oiseau ne laisse aucun doute: c'est l'ombrette africaine. Sa taille est inversement proportionnelle à celle de son nid qui est très volumineux. Elle ne se contente pas de construire un nid, mais 3 à 5 par saison, ce qui fait le bonheur d'autres espèces telles que des rapaces diurnes, des serpents, voire même des genettes qui squattent les nids non occupés.
Un cormoran à poitrine blanche, les ailes largement déployées, se sèche au soleil. Cette posture l'aiderait aussi à digérer.
Un anhinga d'Afrique, perché sur une souche, inspecte la surface du lac. Lorsqu'il nage en-dessous du niveau de l'eau, seuls sa tête et son cou dépassent, ce qui le fait ressembler à un serpent, d'où son nom anglais "snake bird".
Mais voici qu'enfin nous apercevons l’emblème du lac, le pygargue vocifère ou aigle pêcheur africain. Il est majestueux avec sa bavette blanche, son fort bec jaune à pointe noire et son envergure de près de 2 mètres! Il vit en couple tout au long de l'année. Perché sur un arbre, il pêche à l'affût.
Notre guide avait embarqué quelques poissons pour appâter l'oiseau. Il semble qu'il connaisse la ritournelle et ne risque pas de mourir de faim. Quoique ... malgré sa vue perçante, les eaux du lac sont troubles à cause du lessivage des sols et l'attraction touristique dont il fait l'objet est donc une aubaine. Bref, voici venu le moment de LA photo. Notre barreur lance le poisson en l'air, vite repéré par l'aigle pêcheur qui s'élance dans les airs, décrit une jolie courbe, rase l'eau, ses serres puissantes lancées vers l'avant, capture le poisson juste sous la surface et s'en va la déguster sur un arbre. Je ne dispose que d'une 1/2 seconde pour prendre la photo. Je suis fébrile et j'en oublie de vérifier les paramètres de l'appareil. Caramba! Raté. Trop sombre, vitesse mal adaptée, flou .... J'ai droit à une deuxième chance. Je tache de régler au mieux. One, two, clic. L’œil vissé au Canon, je ne vois pas l'aigle arriver. Chit! De nouveau raté! Grrrrrrrr ... je râle, je peste, je me maudis! Bref, je ne vais pas m'éterniser sur cette minable expérience.
Au retour, notre guide achète un poisson-chat à un pêcheur pour seulement 1 €. Il pesait bien 2 kg. Il le partagera ce soir avec les villageois. Mmmh ... j'aimerais être une petite souris.
| Bergeronette pie (African pied wagtail - Motacilla aguimp) |
| Chevalier guignette (Common sandpipper - Actitis hypoleucos) |
| Cormoran africain (Reed cormorant - Microcarbo africanus) |
| Martin-pêcheur pie (Pied kingfisher - Ceryle rudis) |
| Ombrette africaine ((Hamerkop - Scopus umbretta) |
| Cormoran à poitrine blanche (White-breasted cormorant - Phalacrocorax lucidus) |
| Anhinga d'Afrique (African darter - Anhinga rufa) |
| Pygargue vocifère (African fish eagle - Haliaeetus vocifer) |
Un calao de Jackson semble également implorer quelques miettes de pain.
Un engin non identifié vient de se poser non loin de nous. Quelle est donc cette libellule (Brachythemis impartita ou Brachythemis leucosticta ??)
| Daman des rochers (Rock hyrax - Procavia capensis) |
| Calao de Jackson (Jackson's hornbill - Tockus jacksoni) |
| Brachythemis impartita ou leucosticta ? |
Petite sieste bienfaisante, ensuite nous partons en balade sur des sentiers caillouteux bordés de figuiers de Barbarie. But de l'excursion? Aller voir le panorama qui domine le lac.
Nous retournons au lac en fin d'après-midi pour une visite de courtoisie aux hippopotames. Les berges du lac sont sous eau, un lodge est inondé, des maisons sont détruites, des arbres pourrissent. Dame nature, si belle et généreuse aujourd'hui, nous rappelle qu'elle peut être intraitable et dévastatrice. Triste spectacle. Quelle désolation.
Le martin-pêcheur pie s'en fout un peu. Il vient juste de pêcher une belle prise, un poisson relativement gros pour sa taille (27 cm). Sa technique de chasse est bien rodée: il fait le saint esprit ! Immobile dans les airs, il guette le poisson et hop, il plonge. Mais sait-il que son garde-manger est menacé? Le réchauffement climatique provoque l'augmentation de la température de l'eau des lacs, surtout en surface. Ce qui a pour résultat que moins de substances nutritives remontent des profondeurs et donc, il y a moins de poissons!
Une flèche carmine fend l'azur et se pose sur une branche morte: des guêpiers écarlates. Ils ont l'instinct grégaire et chassent généralement en petits groupes. Ils se nourrissent d'insectes attrapés au vol. Mais, encore une fois, l'espèce est menacée par plusieurs facteurs dont l'utilisation de pesticides, la dégradations des rives à cause des changements de niveau d'eau ... etc. Elle n'est cependant pas en danger.
Un héron strié, comme figé sur place, attend patiemment qu'une proie se présente. Selon le site www.oiseaux.net, il a plusieurs techniques de chasse et il peut même "appâter une proie en capturant un insecte et en le laissant tomber dans l'eau."
Mais voilà un hôte peu engageant: un crocodile du Nil alangui mais les sens en alerte. Il ne fait pas bon laisser ses mains effleurer l'eau! Non loin de là, des enfants inconscients du danger, sont venus puiser l'eau du lac. Notre barreur reconnait un des gosses et l'enjoint à retourner sur la berge au plus vite.
Laissant dériver doucement la barque, il s'approche de deux beaux spécimen d'échassiers: la grande aigrette et le héron pourpré.
Des tisserins gendarmes sont très affairés à construire leur hôtel fait de fines lianes de feuilles que le mâle découpe de son bec épais et entrecroise habilement. Il paraît que le tisserin connaît 12 nœuds différents pour nouer solidement son refuge. Ce coquin est polygame. Il s'accouple d'abord avec une femelle et, quand celle-ci incube, il construit un deuxième nid pour attirer une autre femelle, puis un troisième .... Ce sultan ailé peut régner sur un harem de 5 femelles ! Il est grégaire et nidifie en colonies. De 8 à 100 nids peuvent être suspendus à un seul arbre ! C'est la femelle qui s'occupe du confort intérieur. Mais la couleur paille de ce nid ne laisse rien de bon à présager: quoique le mâle parade bien accroché sous le nid, la femelle l'a sans doute rejeté pour cause de vice de fabrication 😉. Le nid va se dessécher. Il ne restera plus au mâle qu'à le détruire ou l'abandonner.
Nous apercevons enfin le maître incontesté des lieux: l'hippopotame. On s'en approche doucement en conservant une distance de sécurité car c'est un dangereux tueur. S'il lui prend la lubie de nous charger, il pourrait retourner notre frêle esquif d'une chiquenaude. Et je ne tiens pas à me retrouver dans la gueule de ce mastodonte dont les canines peuvent atteindre 60 cm chez le mâle ! Pas de panique. Il semble plutôt paisible, les yeux clos, ses petites oreilles tournoyant comme des girouettes. Le reste de la troupe ne doit pas être loin. De fait, certains doivent avoir quelques problèmes de digestion, ils baillent la gueule grande ouverte. Ces bâillements leur permettraient d'évacuer des gaz dus à la fermentation des aliments dans l'estomac. Ils vivent en groupe très hiérarchisé, dominé par un mâle, et se partagent des territoires qu'ils délimitent en éparpillant leurs déjections dans tous les sens à l'aide de leur queue animée de mouvements rapides. Dans la Monographie d'Emile Verheyen datée de 1954, je cite "La défécation a lieu chaque fois qu'une rencontre dans l'eau se produit à laquelle se trouve mêlé un mâle adulte, peu importe que l'autre soit un mâle, une femelle ou un jeune. La défécation fait partie du rituel de l'entrée en relations ...".
Heu ... je n'aimerais pas être un hippo !
Un pêcheur à califourchon sur sa frêle embarcation faite de troncs de balsa assemblés relève ses filets. J'espère que la pêche a été bonne.
Le ciel vire lentement au bleu ardoise, les nuages se teintent de rose, la nuit étendra bientôt son voile sur le lac. Il est temps de rentrer. Un héron goliath contemple l'horizon, ou peut-être le scrute-t-il comme un vigie chargé de surveiller le large ... C'est le plus grand de tous les échassiers (jusqu'à 150 cm). Il empale ses proies de son bec pointu et puissant comme une dague. Il ne pèse que 5 kg, mais il peut capturer des poissons de 2 ou 3 kg qu'il dégustera sur la rive (à moins qu'il ne se la fasse voler par un autre prédateur, tel le pygargue). Les deux sexes sont identiques.
Après le dîner, nous avions prévu de passer un beau moment la tête dans les étoiles à l'observatoire. Par cette nuit claire, nous nous réjouissions de pouvoir observer la voie lactée et ses myriades d'étoiles. Hélas, 3 fois hélas, il n'y avait plus de réseau et nous n'avons pas pu contacter l'astronome du lodge. Dommage ...😢
| Martin-pêcheur pie (Pied kingfisher - Ceryle rudis) |
| Guêpier écarlate (Northern carmine bee-eater - Merops nubicus) |
| Héron strié (Striated heron - Butorides striata)) |
| Crocodile du Nil (Nile crocodile) |
| Grande aigrette (Great egret - Ardea alba) |
| Héron pourpré (Purple heron - Ardea purpurea) |
| Tisserin gendarme (Village weaver - Ploceus cucullatus) |
| Hippopotame |
| Héron goliath (Goliath heron - Ardea goliath) |
5/12/2017 - Bogoria - Elementaita
Après un délicieux petit déjeuner pris sur la terrasse, face au lac, un chœur d'oiseaux chantant "ce n'est qu'un au revoir", nous quittons notre havre de paix la mort dans l'âme.
Nous reviendrons, promis !
En route, nous achetons du miel d'acacia. Il est vendu en bouteilles de toute taille ou en jerrycan. Il prend une couleur ambrée quand le soleil vient caresser les récipients sur les étals installés le long de la route et aux abords du lac. Il est excellent.
La réserve nationale du lac Bogoria est située au pied des contreforts du plateau de Laikipia. Le lac est salin et abrite naturellement des milliers de flamants roses et nains. Bien qu'on y dénombre près de 135 espèces d'oiseaux, il est surtout célèbre pour ses sources d'eaux chaudes et ses geysers jaillissant sur les rives du lac. Las ... les inondations ont eu raison de ces gerbes d'eau. Les entrailles de la terre n'éructent plus que quelques bouillonnements sulfureux ...
Allez hop, c'est parti pour une séance de 3 heures de massage sportif! La route autour du lac est submergée. Une nouvelle piste a été creusée à fleur de rocher, complètement tape-cul, mais la vue en vaut la peine. Le lac n'est pas très grand (+/- 34 km²) mais il est navrant de constater que la majorité des flamants préfèrent la rive opposée à la nôtre. Heureusement, plusieurs centaines ont eu l'obligeance de rester de notre côté. Clic, clac... Ces volatiles ne tiennent pas en place. Certains patinent au décollage et font des claquettes à la surface de l'eau. D'autres font du snorkeling en quête de nourriture qu'ils filtrent de leur bec pour en extraire algues, crustacés, mollusques, diatomées ... qui leur donnent cette couleur allant du rose clair pour les flamants rose au rose vif, voire cramoisi pour les flamants nains (surtout en plumage nuptial).
Flamants roses et flamants nains vivent en toute convivialité car la structure de leur bec, spécifique à l'espèce, fait qu'ils capturent des proies différentes.
Ces mouvements de valse lente en parures nuancées de rose sont fascinants, hypnotisants. On ne se lasse pas d'admirer ces ballets ... roses 😉
Mais il n'y a pas que des flamants à Bogoria. Un faucon hobereau nous observe de son œil aiguisé.
| Flamants roses (Greater flamingo - Phoenicopterus roseus) |
| Flamants roses et flamants nains (Greater and lesser flamingos) |
| Flamant nain (Lesser flamingo - Phoeniconaias minor) |
| Flamants nains (Lesser flamingo - Phoeniconaias minor) |
| Flamants roses (Greater flamingo - Phoenicopterus roseus) |
| Flamants roses (Greater flamingo - Phoenicopterus roseus) |
| Faucon hobereau (Eurasian hobby - Falco subbuteo) |
Nous quittons le lac Bogoria, direction le lac Elementaita.
C'est un lac salé, lui aussi, de 18 km², ceinturé par une série de collines: le Masai dormant qui "tire son nom de sa forme étirée, dont le profil arrondi rappelle celui d'un Masai en position allongée" (dixit Wikipedia).
Elementaita est dérivé d'un mot Masai signifiant endroit poussiéreux, à l'instar du lac Nakuru, qui signifie "tourbillon de poussière" en Masai. En effet, ces lacs subissent de grandes variations de leur niveau d'eau et peuvent même s'assécher. D'où les surfaces blanchies par le sel à la merci du vent.
On s'installe au Sentrim Lodge situé sur les rives du lac. C'est un grand complexe sans charme de 84 chambres réparties dans des bungalows.
"L'aurore s'allume;
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ..."
Victor Hugo
6/12/2017 - Elementaita - Naivasha
Debout dès l'aube, j'inspecte les rives du lac où la nature reprend vie. Bientôt le soleil va émerger de l'horizon, dardant ses rayons d'or sur le lac qui scintille et m'aveugle de ses reflets métalliques. Des lambeaux de brume s'élèvent et enveloppent les oiseaux d'un voile diaphane.
Deux grands flamants roses voguent paisiblement sur la surface safranée du lac, tandis qu'un tantale ibis avance à pas comptés.
Une spatule d'Afrique fait une courte pause avant de fourrager les eaux peu profondes en quête de nourriture.
Une échasse blanche ne reconnaît pas son reflet saucissonné dans ce miroir déformé par des vaguelettes.
Un bécasseau minute reste perplexe devant ces amas d'écume blanche. Un autre n'en a cure et avance franc battant, sous le regard d'un vanneau éperonné plutôt stoïque.
Un ibis sacré a pris son envol pour d'autres horizons. Son nom lui vient du fait qu'il était autrefois vénéré en Egypte et même momifié comme symbole du Dieu Thot. C'était un des douze animaux sacrés associés aux douze heures du jour et de la nuit (cf. Wikipédia).
Considéré comme espèce invasive en France, il a fait l'objet de campagnes d'éradication!
Serait-ce des guifettes leucoptères qui viennent d'atterrir sur leur rocher favori ?
Hé hé ... qui de nous trois est le plus grand, semble dire le tantale ibis toisant la spatule blanche et la guifette d'un air supérieur ?
Au loin, un pélican blanc engloutit avidement son petit déjeuner.
Quelques grands gravelots se sont invités au festin matinal.
Visiblement, la grande aigrette est en froid avec la garzette ou l'inverse, les deux s'accusant mutuellement d'avoir sali son rocher !
Leurs plumes sont à l'origine de son nom. Elle a d'ailleurs payé un lourd tribu à la coquetterie des belles dames qui en ornaient leurs chapeaux. Elle fut chassée sans merci pour satisfaire aux caprices des coquettes. C'est à son tour à présent de jouer les starlettes quand, perchée sur une branche, elle lisse ses plumes en les saisissant dans son bec et en les étirant. Toutes sont passées en revue, sans exception.
Les rives du lac sont en pleine effervescence mais il est temps pour nous d'aller nous sustenter avant de reprendre la route.
| Flamants roses (Greater flamingo) |
| Tantale ibis (Yellow-billed stork - Mycteria ibis) |
| Spatule d'Afrique (African spoonbill - Platalea alba) |
| Echasse blanche (Black-winged stilt - Himantopus himantopus) |
| Bécasseau minute (Little stint - Calidris minuta) |
| Bécasseau minute et vanneau éperonné (Little stint and spur-winged lapwing) |
| Ibis sacré (African sacred ibis - Threskiornis aethiopicus) |
| Guifettes leucoptères ? (White-winged tern - Chlidonias leucopterus ?) |
| Pélican blanc (Great white pelican - Pelecanus onocrotalus) |
| Grand gravelot (Common ringed plover - Charadrius hiaticula) |
| Grande aigrette et aigrette garzette (Great and little egret) |
Nos poches sont quasiment vides. Nous décidons de changer un peu d'argent. Une réceptionniste peu amène et aussi aimable qu'une porte de grange qui grince nous envoie presque sur les roses ... Oh, mais quel enchaînement subtil...
Après une bonne heure de route, nous voici à Naivasha. Nous logeons au Sopa Lodge.
Des cottages en dur sont répartis en arc de cercle dans un parc joliment arboré. Le nôtre est très spacieux: vestiaire, salle de bain, bureau, 2 grands lits faisant face à une baie vitrée, un canapé, un lit d'enfant. Petite terrasse avec 2 fauteuils et une table basse.
Des cobes Defassa paissent tranquillement dans le parc. Ils ne sont pas du tout effrayés par notre présence.
Des ibis hagedash lancent des cris perçants, alertant peut-être leurs congénères de notre arrivée.
Nous avons rendez-vous dans l'immense bungalow central qui regroupe la réception, une grande salle à manger, un bar, un espace cosy avec canapés profonds. Deux grands feux ouverts surmontés de hautes cheminées où brûlent des bûches le soir venu. Sauf qu'elles n'ont plus été ramonées depuis longtemps, le tirage laisse à désirer. Une fumée âcre se répand alors et il faut ouvrir les fenêtres pour aérer et ne pas être enfumés comme des jambons. Mais comme il fait plutôt froid le soir, on n'a pas d'autre choix que de rester près du feu !
C'est l'heure du déjeuner. On nous désigne la table 10 près d'un bow-window que nous conserverons pour la durée de notre séjour. Excellent buffet très varié.
Petit tour du parc avant de partir pour notre première excursion sur le lac.
| Cobes Defassa |
| Ibis hagedash (Hadada ibis - Bostrychia hagedash) |
Au nom de la rose ...Le lac Naivasha est un lac d'eau douce, d'une superficie variable selon la saison, qui s'étend au fond de la vallée du Rift à environ 1900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ses eaux irriguent les sols volcaniques et fertiles qui bordent le lac et qui produisent les légumes et les fleurs qui vont approvisionner les marchés de Nairobi et étrangers. Et nous y voilà! Ce sont sur les rives de ce lac que sont cultivées la plupart des roses qu'on trouve dans les supermarchés d'Europe occidentale, mais pas seulement. Ce commerce très lucratif pour les traders européens a chamboulé la vie locale et l'écosystème. Une main-d'oeuvre essentiellement féminine, donc peu coûteuse, cueille et trie 6 jours sur 7 les roses cultivées hors-sol dans d'immenses serres en polyéthylène, clôturées et surveillées par des vigiles comme les joyaux de la couronne britannique. Les travailleurs sont logés pour la plupart dans un bidonville implanté autour du lac, dans des baraquements assez sordides sans équipement sanitaire. Ce n'est depuis peu que, grâce au label "commerce équitable", les producteurs ont réglementé l'usage des produits toxiques et imposé une protection pour les ouvriers chargés de pulvériser les pesticides. Cela nous paraît bien dérisoire. De plus, ces labels ne protègent en rien les eaux du lac des polluants rejetés par les serres. Les pêcheurs se plaignent de l'invasion des jacinthes d'eau, friandes de fertilisants, qui entravent leurs filets, empêchent de naviguer sur certaines portions du lac et l'asphyxient lentement. Triste réalité dans un décor de rêve! Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l'article paru dans la revue Geo n° 454 de décembre 2016.
Vers 15h30, nous partons en exploration sur le lac. On se fraie un passage à travers les jacinthes d'eau pour atteindre la petite barque et son skipper.
Nous pouvons constater de visu que ce n'est pas "rose" tous les jours pour les pêcheurs du lac qui doivent diversifier leur façon de pêcher.
Un cormoran africain a sorti son périscope pour explorer les alentours. Son plumage n'étant pas imperméable, il ne peut rester sous l'eau plus de 40 à 45 secondes. Ses pattes palmées lui permettent de se propulser au fond (pas plus de 2 mètres) pour capturer ses proies.
Un cormoran à poitrine blanche se repose avant de repartir à la pêche. Les plumes du dessus des ailes sont bordées de chamois clair, ce qui crée un effet écaillé. Cette espèce est largement sédentaire en Afrique subsaharienne.
On retrouve les tantales ibis, aussi à l'aise sur les lacs d'eau douce que les lacs salés. En voici un qui enjambe les jacinthes sans difficulté vu ses longues pattes.
Deux hippopotames baillent d'ennui, l'un deux ayant emmêlé son fil dentaire !
Un héron garde-bœufs au regard fixe, semble être hypnotisé par la proie qu'il s'apprête sans doute à attraper.
Un jacana à poitrine dorée passe à toute allure, ses longs doigts lui permettant de se déplacer facilement sur la végétation flottante. Il est inféodé aux zones humides d'eaux douces peu profondes. Pas de dimorphisme sexuel, mais la femelle est plus grande que le mâle.
Un pélican blanc semble prendre la pose sur fond de papyrus. Il se jettera à l'eau à notre approche. C'est un oiseau imposant: il peut atteindre 175 cm de long pour une envergure de 270 à 360 cm!
Nous passons devant un martin-pêcheur pie qui nous observe de son œil noir, la huppe au vent.
Un ibis sacré apprécie visiblement sa dernière prise qu'il en salive!

Cormoran africain (Reed cormorant - Microcarbo africanus)

Cormoran à poitrine blanche (White-breasted cormorant - Phalacrocorax lucidus)

Tantale ibis (Yellow-billed stork - Mycteria ibis)

Hippopotame

Héron garde-boeufs (Western cattle egret - Bubulcus ibis)

Jacana à poitrine dorée (African jacana - Actophilornis africanus)

Pélican blanc (Great white pelican - Penecanus onocrotalus)

Martin-pêcheur pie (Pied kingfisher - Ceryle rudis)

Ibis sacré (African sacred ibis - Threskiornis aethiopicus)
Nous rentrons au lodge. Brrrrr .... il fait caillant. Vite une douche chaude pour se réchauffer.
On se réfugie sous les couvertures et on se "farcit" un film pour ne pas s'endormir ! Il va pourtant bien falloir se lever, s'habiller et aller dîner. On prend son courage à deux mains, on enfile un polar et on téléphone à la réception pour venir nous chercher. On nous avait prévenu à notre arrivée de ne pas circuler seuls dans le parc à la nuit tombée. Il fallait impérativement être escorté d'un garde car les hippopotames remontent du lac le soir et viennent brouter l'herbe tendre du parc. Animal imprévisible, il vaut mieux ne pas se trouver face à lui car il pourrait charger sans crier gare.
Nous étions sceptiques et bien ... nous ne le sommes plus ! Après avoir dîné (je n'ai jamais vu autant de pâtisseries - qui me laissent de glace à l'exception du flan caramel, mon péché mignon 😋), le garde braque sa lampe torche sur un de ces poids lourds à moins de 10 mètres de nous ! Hum ... on ne se fait pas prier, on suit le chemin d'un pas égal tout en restant sur nos gardes. Bonsoir, bonne nuit, clac on ferme la porte. Rrrrr Zzz
7/7/2016 - Naivasha
Le son d'un léger clapotis me fait ouvrir un œil, l'autre restant fermé. Suis-je en train de rêver que je nage dans le lac (ce qui me semble peu probable vu que des prédateurs y habitent) ? Le son s'intensifiant, il faut se rendre à l'évidence. Il est 6h30, ce n'est que l'alarme du smartphone qui me tire de ma torpeur et m'incite à sortir des plumes.
On croit qu'on ne va pas pouvoir ingurgiter tous les jours un aussi plantureux petit déjeuner, et bien si !
Après, nous partons vers une autre partie du lac où vit une communauté de pêcheurs.
Pas grand-chose de neuf à observer. Ma boîte à images enregistrera des bihoreaux gris, des colonies de cormorans à poitrine blanche nourrissant leurs rejetons dans de véritables pouponnières qui résonnent de croassements gutturaux. Quelle cacophonie ! Leurs nids sont placés sur la fourche de grands arbres morts dont les branches cassées s'élancent vers le ciel tels des bras implorant la miséricorde.
Plus loin, ce sont des flamants roses qui courent littéralement à la surface de l'eau tout en battant des ailes avant de prendre leur envol.
Revenus à notre point de départ, une ombrette africaine fait le guet sur le bord d'une barque attendant qu'un pêcheur rejette le menu fretin à l'eau.
Sur la route du retour, un drôle d'animal broutant sur le bas-côté de la route attire notre attention: une âne en pyjama ! C'est un zébrâne, résultat d'un croisement entre un âne et un zèbre.
Arrivés au lodge, des colobes guéréza s'amusent sur la pelouse.
Mine de rien, nous avons l'estomac dans les talons. Il est temps pour nous de déjeuner.
"Il est midi. Le monde dîne
Des roseaux qu'on dirait tranquilles
Jaillissent, fusées de malice,
Les poules d'eau institutrices."
Maurice Carême (Le Lac d'Annecy)
| Cormoran africain (Reed cormorant - Microcarbo africanus) |
| Cormoran à poitrine blanche (White-breasted cormorant - Phalacrocorax lucidus) |
| Tantale ibis (Yellow-billed stork - Mycteria ibis) |
| Hippopotame |
| Héron garde-boeufs (Western cattle egret - Bubulcus ibis) |
| Jacana à poitrine dorée (African jacana - Actophilornis africanus) |
| Pélican blanc (Great white pelican - Penecanus onocrotalus) |
| Martin-pêcheur pie (Pied kingfisher - Ceryle rudis) |
| Ibis sacré (African sacred ibis - Threskiornis aethiopicus) |
Nous rentrons au lodge. Brrrrr .... il fait caillant. Vite une douche chaude pour se réchauffer.
On se réfugie sous les couvertures et on se "farcit" un film pour ne pas s'endormir ! Il va pourtant bien falloir se lever, s'habiller et aller dîner. On prend son courage à deux mains, on enfile un polar et on téléphone à la réception pour venir nous chercher. On nous avait prévenu à notre arrivée de ne pas circuler seuls dans le parc à la nuit tombée. Il fallait impérativement être escorté d'un garde car les hippopotames remontent du lac le soir et viennent brouter l'herbe tendre du parc. Animal imprévisible, il vaut mieux ne pas se trouver face à lui car il pourrait charger sans crier gare.
Nous étions sceptiques et bien ... nous ne le sommes plus ! Après avoir dîné (je n'ai jamais vu autant de pâtisseries - qui me laissent de glace à l'exception du flan caramel, mon péché mignon 😋), le garde braque sa lampe torche sur un de ces poids lourds à moins de 10 mètres de nous ! Hum ... on ne se fait pas prier, on suit le chemin d'un pas égal tout en restant sur nos gardes. Bonsoir, bonne nuit, clac on ferme la porte. Rrrrr Zzz
7/7/2016 - Naivasha
Le son d'un léger clapotis me fait ouvrir un œil, l'autre restant fermé. Suis-je en train de rêver que je nage dans le lac (ce qui me semble peu probable vu que des prédateurs y habitent) ? Le son s'intensifiant, il faut se rendre à l'évidence. Il est 6h30, ce n'est que l'alarme du smartphone qui me tire de ma torpeur et m'incite à sortir des plumes.
On croit qu'on ne va pas pouvoir ingurgiter tous les jours un aussi plantureux petit déjeuner, et bien si !
Après, nous partons vers une autre partie du lac où vit une communauté de pêcheurs.
Pas grand-chose de neuf à observer. Ma boîte à images enregistrera des bihoreaux gris, des colonies de cormorans à poitrine blanche nourrissant leurs rejetons dans de véritables pouponnières qui résonnent de croassements gutturaux. Quelle cacophonie ! Leurs nids sont placés sur la fourche de grands arbres morts dont les branches cassées s'élancent vers le ciel tels des bras implorant la miséricorde.
Plus loin, ce sont des flamants roses qui courent littéralement à la surface de l'eau tout en battant des ailes avant de prendre leur envol.
Revenus à notre point de départ, une ombrette africaine fait le guet sur le bord d'une barque attendant qu'un pêcheur rejette le menu fretin à l'eau.
Sur la route du retour, un drôle d'animal broutant sur le bas-côté de la route attire notre attention: une âne en pyjama ! C'est un zébrâne, résultat d'un croisement entre un âne et un zèbre.
Arrivés au lodge, des colobes guéréza s'amusent sur la pelouse.
Mine de rien, nous avons l'estomac dans les talons. Il est temps pour nous de déjeuner.
"Il est midi. Le monde dînePas grand-chose de neuf à observer. Ma boîte à images enregistrera des bihoreaux gris, des colonies de cormorans à poitrine blanche nourrissant leurs rejetons dans de véritables pouponnières qui résonnent de croassements gutturaux. Quelle cacophonie ! Leurs nids sont placés sur la fourche de grands arbres morts dont les branches cassées s'élancent vers le ciel tels des bras implorant la miséricorde.
Plus loin, ce sont des flamants roses qui courent littéralement à la surface de l'eau tout en battant des ailes avant de prendre leur envol.
Revenus à notre point de départ, une ombrette africaine fait le guet sur le bord d'une barque attendant qu'un pêcheur rejette le menu fretin à l'eau.
Sur la route du retour, un drôle d'animal broutant sur le bas-côté de la route attire notre attention: une âne en pyjama ! C'est un zébrâne, résultat d'un croisement entre un âne et un zèbre.
Arrivés au lodge, des colobes guéréza s'amusent sur la pelouse.
Mine de rien, nous avons l'estomac dans les talons. Il est temps pour nous de déjeuner.
Des roseaux qu'on dirait tranquilles
Jaillissent, fusées de malice,
Les poules d'eau institutrices."
Maurice Carême (Le Lac d'Annecy)
| Bihoreau gris (Black-crowned night heron - Nycticorax Nycticorax) |
| Cormoran à poitrine blanche (White-breasted cormorant - Phalacrocorax lucidus) |
| Flamant rose (Greater flamingo - Phoenicopterus roseus) |
| Ombrette africaine (Hamerkop - Scopus umbretta) |
| Zébrâne (Zonkey) |
| Colobes guéréza (Mantled guereza - Colobus guereza) |
Après le repas, on se dégourdit un peu les jambes dans le parc. Il est vrai qu'on ne marche pas beaucoup en safari. On avait prévu d'aller explorer le plateau de Kinangop pour tenter d'apercevoir le Pipit de Sharpe, qui est une espèce en danger selon l'UICN, mais on y a finalement renoncé, par manque de temps. Une autre option aurait été d'aller au Hell's Gate, ce qui nous aurait permis de nous balader en toute quiétude puisque la probabilité de rencontrer des animaux sauvages est très faible. Mais bon ...
Cette balade nous permettra d'observer un combattant varié, une spatule d'Afrique au bec un peu crotté, un joli spécimen de canard à bec jaune, un souimanga à ventre jaune, un moineau roux, un couple de pics de Nubie et un crabier chevelu.
| Combattant varié (Ruff - Philomachus pugnax) |
| Spatule d'Afrique (African spoonbill - Platalea alba) |
| Canard à bec jaune (Yellow-billed duck - Anas undulata) |
| Souimanga à ventre jaune (Variable sunbird - Cinnyris venustus) |
| Moineau roux (Kenya sparrow - Passer rufocinctus) |
| Pic de Nubie (Nubian woodpecker - Campethera nubica) |
| Crabier chevelu (Squacco heron - Ardeola ralloides) |
| Crabier chevelu |
C'est fou ce que le temps passe vite quand on observe les oiseaux. Je pourrais rester des heures les yeux vissés aux jumelles si des crampes dans les bras et les trapèzes ne me faisaient pas baisser la garde. Nous partons prospecter une autre partie du lac. Le ciel est menaçant, des nuages noirs s'amoncellent à l'horizon, mais notre skipper est confiant. On enfile nos gilets de sauvetage et on se faufile entre les jacinthes d'eau sur lesquelles déambulent des jacanas à poitrine dorée.
Un hippopotame en tenue de camouflage tente de passer inaperçu. Raté !
Un héron garde-bœufs à la mine chafouine semble se moquer de nous, puis se redresse, la crête hérissée, tout à coup inquiet.
Le tantale ibis est toujours au rendez-vous.
Un marabout-sentinelle tout échevelé nous regarde nonchalamment passer. Cet oiseau n'a vraiment rien pour plaire: quasi chauve, couleur gris ardoise, le ventre blanchâtre mais le plus souvent sale. Et qui plus est, charognard et pilleur de nid !
Un pélican gris (?) fait consciencieusement sa toilette. Serait-ce un jeune pélican blanc timide qui se dissimule dans ses plumes? Alors que nous prenons le large, un autre pélican gris prend lourdement son envol et s'arrache péniblement en faisant jaillir des gerbes d'éclaboussures.
Notre barreur avait pris soin d'emporter deux ou trois petits poissons pour appâter l'aigle pêcheur. C'est ma dernière chance pour le "mettre en boîte". Cette fois, pas question de le rater! Il y a justement une embellie, de courte durée, mais la lumière est froide. L'oiseau localisé, le skipper le siffle et lance le poisson. One, two .... L’œil rivé dans l’œilleton, j'attends le moment fatidique. Clic, clic, clic, clic, clic ... la rafale de 10 images/seconde assure. J'espère avoir au moins une bonne photo 😅 Hum ... pas vraiment concluant et l'arrière-plan n'est pas très joli mais je m'en contenterai !
Il fait froid, le vent souffle, je suis transie. Nous rentrons. Sur la berge, des gnous bleus broutent paisiblement.
| Jacana à poitrine dorée (African jacana - Actophilornis africanus) |
| Hippopotame |
| Marabout d'Afrique (Marabou stork - Leptoptilos crumenifer) |
| Pélican gris (Pink-backed pelican - Plelecanus rufescens) |
| Pygargue vocifère (African fish eagle - Haliaeetus vocifer) |

Les cobes Defassa nous accueillent au lodge, un zèbre des plaines s'est glissé dans le troupeau. Contrairement au zèbre de Grévy, ses rayures noires et blanches se rejoignent sous le ventre. Son aire de répartition est très large et l'espèce n'est pas menacée. De manière générale, il semblerait que les zébrures uniques brouilleraient la vue des prédateurs et seraient même un leurre contre les piqûres de la mouche tsé-tsé.
Un vanneau armé patrouille dans le parc. D'où lui vient son nom? Il semble bien inoffensif. En fait, il possède un éperon carpien, situé à la base de chacune de ses ailes, qu'il utilise pour le combat. Mais alors, quid du vanneau éperonné qui lui aussi possède un éperon ou ergot corné, recourbé, et pointu sur le carpe? Mystère, je n'ai pas trouvé réponse à ma question.
Nous dînons encore une fois copieusement et allons nous coucher. Demain, on se lève tôt.
| Cobes Defassa |
| Vanneau armé (Blacksmith lapwing - Vanellus armatus) |
"Devant eux, tout ce qu'il pouvait voir, vaste comme le monde, immense, haut
et incroyablement blanc dans le soleil,
c'était le sommet carré du Kilimandjaro.
Et alors, il comprit que c'était là qu'il allait."
Les Neiges du Kilimandjaro (Ernest Hemingway)
8/12/2016 - Amboseli
Départ à 7 heures pour une longue route vers Amboseli aux pieds du Kilimanjaro (320 km - 6 heures). Bye bye Naivasha, les oiseaux d'eau... La savane nous appelle.
Nous passons les contrôles avant de sortir du lodge. Ici, on ne rigole pas avec la sécurité. C'est très sérieux. Direction Nairobi. La route est splendide, entendez par là que nous roulons sur un long ruban d'asphalte sponsorisé par les Chinois ! Ils s'occupent non seulement des ponts et chaussées, mais aussi des chemins de fer, télécommunications, transports ... et même d'un abattoir d'ânes! La ligne ferroviaire à une voie Nairobi-Mombasa "made in China", en construction lors de notre séjour, a d'ailleurs été inaugurée en grande pompe ce 31 mai 2017 par le Président kényan Uhuru Kenyatta et un représentant du gouvernement chinois. Selon le journal Le Monde Afrique du 4.04.2016, "le Kenya est l'un des partenaires les plus choyés par Pékin en Afrique." En 2013, Uhuru Kenyatta avait signé pour plus de 5 milliards de dollars de contrats. Mais à quel prix ? La dette kényane progresse de 30% par an et les produits chinois inondent les commerces qui en tirent un certain profit, bien sûr, mais au détriment de la production locale. Les entreprises chinoises emploient plus d'ouvriers et d'employés kényans que chinois, mais la plupart sous contrat précaire, malheureusement (95% des employés sont à temps partiels). Tout n'est pas négatif pour autant. Cette ligne devrait améliorer le quotidien des Kényans, favoriser le transport des marchandises, réduire le coût du fret et ainsi participer au développement économique du pays. Des étudiants ont en outre reçu des bourses de la China Communications Construction Company pour aller se former en Chine aux questions ferroviaires.
J'arrête là mes digressions politico-économiques hors sujet.
Nous arrivons vers 13 heures à l'Ol Tukai Lodge, situé au cœur du parc national d'Amboseli.
Dès l'entrée, le ton est donné: immense réception de style colonial. Les bungalows en bois ont vue soit sur la savane, soit sur le Kilimandjaro (quand il n'est pas caché derrière un écran de nuages, c'est-à-dire la plupart du temps). Hélas, ses neiges ne sont plus éternelles. Le dernier rapport des Nations Unies sur le réchauffement climatique est très inquiétant: elles auront fondu bien avant 2030!
Un bar où il fait bon prendre une bonne Tusker fraîche tout en observant les éléphants, zèbres, gazelles, girafes ... qui broutent paisiblement à quelques mètres à peine (derrière une barrière quand même) et, le soir venu, un feu de camp autour duquel on s'échange les impressions du jour. Très sympa, même si on se fait enfumer tels des jambons. Sans compter une belle piscine pour les amateurs. Bref, un très chouette lodge où hospitalité rime avec qualité et professionnalisme avec excellente cuisine.
Quelques Masaïs, munis de catapultes, assurent la garde et, à la nuit tombée, divertissent les touristes de leurs danses et chants traditionnels dans une ambiance bon enfant.
Après le déjeuner, nous avons quartier libre jusque vers 16 heures. C'est l'occasion de découvrir les lieux.
| Guêpier nain (Little bee-eater - Merops pusillus) |
La première photo représente un immature, reconnaissable au fait qu'il n'a pas de bavette noire.
| Guêpier nain (Little bee-eater - Merops pusillus) |
De prime abord, le parc nous apparaît très aride et poussiéreux, les points d'eaux sont peu nombreux et leur niveaux est très bas. Il est donc fidèle à son nom puisque Amboseli veut dire "poussière blanche" en masaï. Nous révélera-t-il néanmoins quelques surprises ?
Bien que nous soyons dans la savane, nous observerons quelques limicoles, dont le gravelot (ou pluvier) à triple collier. Cet oiseau subsaharien, de la taille d'un moineau, est typique des eaux intérieures dans lesquelles il trouve de petits invertébrés aquatiques dont il se nourrit. Mâle et femelle sont identiques.
Une aigrette garzette, la plume au vent, nous tourne le dos. Nous la laisserons bouder toute seule dans son coin!
Sans complexe, une gazelle de Thompson se soulage d'une façon assez comique, l'arrière train baissé, comme si elle allait s'asseoir.
Picoti-picota, deux grues royales picorent côte à côte, sous le regard d'une troisième qui se demande où est passé(e) son/sa partenaire.
Un canard à bec rouge a visiblement été fourragé dans les eaux saumâtres: son bec est maculé d'algues.
Perché sur ses longues pattes rouges, un vanneau à ailes blanches cherche sa pitance, en l’occurrence des insectes aquatiques, des larves, des petits escargots ...
En équilibre sur un roseau, un martin-pêcheur huppé est à l'affût. Ce joli petit oiseau, commun en Afrique subsaharienne, a l'arrière du cou et les parties supérieures d'un bleu vif outremer et irisé. On ne le voit pas bien, mais les plumes du front et de la calotte sont teintées de vert malachite. Il est très territorial et les disputes avec des intrus ne sont pas rares.
| Gravelot à triple collier (Three-banded plover - Charadrius tricollaris) |
| Gravelot à triple collier (Three-banded plover - Charadrius tricollaris) |
| Aigrette garzette (Little egret - Egretta garzetta) |
| Gazelle de Thompson |
| Grues royales (Grey crowned crane - Balearica regulorum) |
| Grue royale (Grey crowned crane - Balearica regulorum) |
| Canard à bec rouge (Red-billed teal - Anas erythrorhyncha) |
| Vanneau à ailes blanches (Long-toed lapwing - Vanellus cassirostris) |
| Vanneau à ailes blanches (Long-toed lapwing - Vanellus cassirostris) |
| Martin-pêcheur huppé (Malachite kingfisher - Corythornis cristatus) |
| Martin-pêcheur huppé (Malachite kingfisher - Corythornis cristatus) |
Le parc d'Amboseli est évidemment connu pour ses grands troupeaux d'éléphants. C'est LE royaume des éléphants, certains arborant des défenses impressionnantes. Ces pachydermes font l'objet d'une étude menée depuis 1972 par la directrice du projet "Amboseli Trust for Elephants", Cynthia Moss, qui vise à "assurer la conservation et le bien-être à long terme des éléphants d'Afrique dans le contexte des besoins et des pressions de l'homme par la recherche scientifique, la formation, la sensibilisation communautaire, la sensibilisation du public et le plaidoyer." (traduction).
Tiens ... voilà des éléphants "mirages" 😉
I'm a poor lonesome elephant, I've a long way from home ... from dawn till day is done ...
Le jour décroît, le paysage se pare d'une lumière bleutée, le Kilimandjaro se drape dans son écharpe mousseuse et s'efface sur la pointe des pieds.
Il est temps pour nous de rentrer.
Après une bonne douche, nous allons prendre l'apéro au bar et puis dîner.
Après le petit-déjeuner, nous voilà partis pour toute une journée d'exploration.
Dans la pelouse devant notre bungalow, une huppe d'Afrique sonde le sol en quête d'insectes. Elle diffère de la huppe fasciée par sa couleur plus chaude (du moins pour le mâle) et n'a pas de bande blanche subterminale à l'extrémité des plumes de la crête.
A la sortie du lodge, des colious rayés sont eux aussi bien affairés à se sustenter. Leurs pattes flexibles permettent d'opposer un ou deux tarses, ou de les orienter tous vers l'avant, de façon indépendante entre la patte gauche et la patte droite, facilitant le déplacement dans les branches. Une autre particularité: ils peuvent se pendre, les pattes au niveau de la poitrine, la queue en appui sur divers supports, à l'instar des chauve-souris, sans dépense additionnelle d'énergie.
Dans le parc, nous allons rencontrer un quatrième vanneau: le couronné. Très commun à Amboseli puisqu'il habite les milieux secs et ouverts (savanes, steppes arbustives, semi-déserts ...). Il se nourrit essentiellement d'insectes et de larves.
C'est déjà l'heure de la sieste pour le cobe des roseaux.
Une maman cobe à croissant et son petit interrompent leur repas dès que nous arrivons à leur hauteur. Son nom lui vient du cercle blanc sur la croupe, entourant la queue.
Sur un petit plan d'eau, des guifettes moustac s'ébattent. Elles ont fui les frimas d'Europe pour hiverner en Afrique. Elle ressemble à la sterne pierregarin mais sa taille est inférieure, son bec plus court et sans pointe noire. Sa poitrine et son ventre sont gris foncé. Elle semble être en déclin en Europe.
Du haut de son 1m30, un messager sagittaire ou secrétaire arpente la savane. Est-il pourvoyeur d'un message ? Non, sa huppe est redressée, ce qui signifie qu'il chasse. Ce qui le ferait ressembler aux secrétaires du siècle dernier qui plantaient leur crayon ou porte-plume dans leur chignon. D'où son nom ... Ce n'est vraiment pas très flatteur pour les secrétaires !
De loin, nous apercevons une lionne qui semble inerte. Est-elle morte? Nous nous approchons et soudain, elle redresse la tête. Ouf! Elle semble exténuée et terrassée de chaleur mais point d'acacia en vue pour se mettre à l'ombre. Nous la retrouverons à la même place en fin d'après-midi, toujours aussi amorphe.
Dans une zone marécageuse, sous un soleil de plomb, une jeune jabiru d'Afrique guette son repas. La lumière est atroce, j'ai beau modifier la balance, rien n'y fait (ok, je ne suis pas douée!) . La photo présente une dominante vert pomme acidulée, comme au temps de la pellicule Fuji Velvia!
Un pique-boeuf à bec rouge s'assure le gîte, le couvert et le transport. Tiercé gagnant.
Une tourterelle du Cap se repose tranquillement, indifférente à notre approche. Elle ressemble à notre tourterelle turque, mais elle est plus petite.
Le râle à bec jaune m'a donné du fil à retordre. Malgré ses couleurs "drapeau belge" (le dos, la poitrine et les flancs sont noir ardoisé, le bec est jaune vif et les yeux et pattes sont rouges), c'est un oiseau discret. Nous nous étions arrêtés sur un petit pont enjambant un étroit cours d'eau et je scrutais la zone humide herbeuse en contrebas quand mon regard fut attiré par une ombre qui se déplaçait rapidement entre les laîches. Comme je ne pouvais pas sortir de la camionnette (sécurité oblige), je demandai plusieurs fois à Benedict d'avancer, de reculer ..., encore ..., un peu plus ..., stop! afin de cadrer au mieux cet oiseau versatile qui finit bien vite par se cacher sous le couvert! Mâle ou femelle? Impossible à dire, ils sont identiques.
| Huppe d'Afrique (African hoopoe - Upupa africana) |
| Coliou rayé (Speckled mousebird - Colius striatus) |
| Vanneau couronné (Crowned lapwing - Vanellus coronatus) |
| Cobe des roseaux (Bohor reedbuck - Redunca redunca) |
| Cobe à croissant (Waterbuck - Kobus ellipsiprymnus) |
| Guiffette moustac (Whiskered tern - Chlidonias hybrida) |
| Messager sagittaire (Secretary bird - Sagittarius serpentarius) |
| Jabiru d'Arique (Saddle-billed stork - Ephippiorhynchus senegalensis) |
| Pique-bœuf à bec rouge (Red-billed oxpecker - Buphagus erryhrorynchus) |
![]() |
| Tourterelle du Cap (Ring-necked dove - Streptopelia capicola) |
![]() |
| Râle à bec jaune (Black crake - Amaurornis flavirostra) |
La journée s'étire. Nous nous rendons au pied d'une colline surplombée d'un observatoire. Un petit sentier y grimpe. Posée sur un rocher, une moinelette de Fischer (mâle) me regarde du coin de l'oeil. Pas question de l'effrayer, je ne fais que passer, juste le temps d'un "clic". Cet oiseau est une espèce d'alouette (en anglais: sparrow-lark = moineau alouette) qui présente un fort dimorphisme sexuel.
Du sommet, nous embrassons l'horizon à 360° et, pour paraphraser Victor Hugo: Amboseli! Morne plaine! Sauf que ... des tisserins de Taveta pépient dans les arbres. Il semblent habitués à la présence de l'homme car ils ne sont pas farouches et réclament la becquée.
De retour dans la plaine, nous repassons devant la lionne qui se repose toujours ! Nous nous dirigeons vers le repaire des hyènes tachetées. Craintes et méprisées de tout temps, associée à la sorcellerie dans le folklore africain, cet "éboueur" joue néanmoins un rôle très utile et écologique car en mangeant les dépouilles des animaux, l'hyène recycle les déchets organiques, assure le nettoyage et évite la propagation de maladies.
Mâles et femelles sont semblables, à tel point que les femelles possèdent même un long clitoris érectile qui ressemble à un pénis! Et c'est par ce pseudo-pénis qu'elle se reproduit, urine et met bas. Rude épreuve que "l'accouchement" car les petits pesant entre 1 et 2 kg naissent pas l'étroit canal clitoridien. Aïe aïe aïe ... Les déchirures sont fréquentes et le taux de mortalité des bébés assez élevé, le cordon ombilical étant plus court que la distance entre l'utérus et l'extrémité du clitoris, d'où un risque de suffocation (Science et Vie n°279 - hors-série).
Les hyènes forment des clans peu structurés dominés par les femelles. C'est une dominatrice et c'est souvent la femelle qui mène la chasse.
Nous restons près de 3/4 heure à observer ces créatures longtemps considérées comme diaboliques, au rire sardonique.
Le soleil se couche. Très vite, le ciel s'embrase et enflamme la plaine, ne laissant bientôt place qu'à des lambeaux de terres noircies où ça et là se déplacent des silhouettes silencieuses.
| Moinelette de Fischer (Fischer's sparrow-lark - Eremopterix leucopareia) |
| Tisserin de Taveta femelle (Taveta weaver - Ploceus castaneiceps) |
| Tisserin de Taveta mâle |
| Hyène tachetée (Spotted hyena - Crocuta crocuta) |
10/12/2016 - Tsavo Ouest
L'aube impatiente et vorace va bientôt engloutir la nuit. Nous avançons comme deux spectres. Rien ne bouge. Pas un souffle de vent, pas un battement d'aile, aucun bruit. Seul celui de nos pas qui écrasent l'herbe de la pelouse du lodge.
Un thé/café but en vitesse et nous voilà partis pour un dernier safari dans le parc d'Amboseli.
Nous saluons au passage le Kilimandjaro qui sort timidement de son écrin nuageux.
Deux dendrocygnes veufs sont déjà bien réveillés. Ils se nourrissent plutôt à l'aube ou au crépuscule. Ce canard est monogame. Les couples sont formés à vie. Trait particulier: ils se lissent mutuellement les plumes de la tête et du cou non seulement pour éliminer les parasites mais aussi pour renforcer les liens du couple.
Ceux-là, on a failli ne pas les voir. Ils étaient bien cachés par une petite dépression dans le sol: des œdicnèmes vermiculés (?)
Coucou, revoilà le jacana à poitrine dorée arpentant les abords d'une mare.
Une maman hippopotame, un héron garde-boeufs "sentinelle" sur le dos, surveille son petit de son œil gauche et nous observe attentivement de son œil droit.
L'ibis sacré semble particulièrement apprécier ces bouses séchées d'éléphants. Saviez-vous qu'en Thaïlande, on torréfie du café à base de grains ingérés par les éléphants (à l'instar des civettes) et qu'au Sri Lanka, entre autres, on en fait du papier (50 kg de fumier = 115 feuilles de papier) ! 😉
Le cou déployé comme un périscope, le héron mélanocéphale explore la plaine perché sur ses longues pattes. Mais le voilà qui pique du nez. La proie repérée, son "bec épée" va sans doute bien vite lui porter l'estocade.
"Ne regardez pas le renard qui passe, regardez seulement quand il est passé" ... sauf que, ce n'est pas un renard que j'ai failli ne pas voir, mais un serval. Ce félin est nocturne et parfaitement adapté à la savane. Ses longues pattes et son long cou lui permettent d'observer par-dessus les herbes, bien camouflé par son pelage tacheté. Tout comme le guépard, il peut faire des pointes de vitesse de 80 km/h sur de courtes distances et bondir en longueur (4 m) et hauteur (2 m) pour capturer des oiseaux. Il est également doté d'une excellente ouïe. L'espèce n'est pas en danger même s'il est recherché comme animal de compagnie (surtout aux Etats-Unis) car il développe un lien affectif et intense avec son maître. Afin de protéger ce félin, on a créé une race hybride entre un serval et un chat domestique, appelée "Savannah".
Impossible de louper celui qui s'avance lentement vers nous: le héron goliath. C'est le plus grand de tous les échassiers, mesurant +/- 140 cm. Son envergure peut atteindre 230 cm. Il chasse en solitaire. Son menu est constitué principalement de poissons mais il peut l'agrémenter de grenouilles, de petits mammifères et même d'oiseaux si l'occasion se présente. Son redoutable bec harponne les proies dont 1/4 est généralement perdue: soit elles sont mal agrippées, soit elles sont chapardées par d'autres prédateurs.
Passant d'un extrême à l'autre, nous retrouvons le joli petit martin-pêcheur huppé: 13 cm sous la toise ! Mâle ou femelle ? Difficile à dire, les deux sexes sont semblables.
Une ombrette africaine se repose, la tête dans les plumes. Pour un échassier, cet oiseau est assez court sur pattes. Il vit près des milieux aquatiques et pêche à l'affût. De nombreux Africains pensent que l'ombrette porte malheur. Cette mauvaise réputation contribue à protéger l'espèce.
Un busard pâle vient de se poser. Son œil jaune fixe la plaine. Aurait-il repéré un petit mammifère?
Cette boule de plumes est le petit d'un gravelot pâtre. Ses parents ne sont pas loin et veillent sur lui. Pour se nourrir, le gravelot utilise parfois une technique plutôt originale consistant à avancer la patte à 45° vers l'avant et à faire vibrer le pied afin de faire sortir la proie du sol sableux ("foot-trembling" en anglais).
Perchée sur une branche basse, la sentinelle à gorge rose porte bien son nom. Elle nous a bien entendu repérés et ne tarde pas à donner l'alerte. C'est une femelle. Sur un tas de foin, le mâle nous observe et s'ébroue.
La chance nous sourit car en rentrant au lodge, nous apercevons sa cousine, la sentinelle à gorge jaune. Elles appartiennent toutes deux à l'espèce des motacillidés et vivent dans des milieux herbacés ouverts.
Il est 9 heures. Il est temps pour nous de prendre notre petit déjeuner.
| Dendrocygne veuf (White-faced whistling duck - Dendrocygna viduata) |
| Oedicnème vermiculé (Water thick-knee - Burhinus vermiculatus) |
| Jacana à poitrine dorée (African jacana - Actophilornis africanus) |
| Ibis sacré (African sacred ibis - Threskiornis aethiopicus) |
| Héron mélanocéphale (Black-headed heron - Ardea melanocephala) |
| Serval (Leptailurus serval) |
| Héron goliath (Goliath heron - Ardea goliath) |
| Martin-pêcheur huppé (Malachite kingfisher - Corythornis cristatus) |
| Ombrette africaine (Hamerkop - Scopus umbretta) |
| Busard pâle (Pallid harrier - Circus macrourus) |
| Gravelot pâtre (Kittlitz's plover - Charadrius pecuarius) |
| Sentinelle à gorge rose femelle (Rosy-throated longclaw - Macronyx ameliae) |
| Sentinelle à gorge rose mâle |
| Sentinelle à gorge jaune (Yellow-throated longclaw - Macronyx croceus) |
"Il y a dans la vie deux sortes de destin: ceux qui ouvrent les pistes dans la grande brousse de la vie et ceux qui suivent ces pistes ouvertes"
En attendant le vote des bêtes sauvages (Ahmadou Kourouma) Ed. Seuil, 1998
Valises bouclées, nous partons vers Tsavo ouest sur une piste qui se fraye un passage dans les coulées de lave solidifiées de Shaitani, entre le Kilimandjaro au sud et les Chyulu Hills à l'ouest recouvertes d'une végétation vert vif, offrant des contrastes saisissants. C'est l'une des plus jeunes chaînes volcaniques au monde, datant de seulement quelques centaines d'années.
Autrefois, les parcs de Tsavo est et ouest formaient un seul sanctuaire de près de 21.000 km². Scindé en deux par la route à 4 voies et la voie ferrée Mombasa-Nairobi, Tsavo ouest couvre environ 9.000 km². Les paysages sont très différents d'une partie à l'autre: verdoyante, buissonneuse et plus humide à l'ouest; savane desséchée à l'est.
Au passage, nous saluons un troupeau d'éléphants qui avance solennellement dans la vaste plaine.
Arrivée vers 14 heures pour le déjeuner au Kilaguni Serena Safari Lodge. Superbe cadre pour terminer en beauté ce safari de rêve. Le restaurant offre une vue à couper le souffle sur les animaux qui viennent s'abreuver aux points d'eau, de jour comme de nuit. C'est un spectacle dont on ne se lasse pas.
Retour au lodge avant la tombée de la nuit et repos, dîner, dodo.
11/12/2016 - Tsavo ouest
La fatigue commence à se faire sentir. Au lever, le soleil nous gratifie de ses rayons chaleureux. Une bonne douche pour enlever les reliques de la nuit et nous voilà fin prêts pour affronter une journée de safari.
Notre camionnette avance doucement sur les pistes en latérite, dégageant malgré tout au passage un nuage de poussière rouge. Tsavo est connu pour ses animaux recouverts de cette poussière, surtout s'ils s'y roulent, comme les éléphants.
On se rend vite compte que les observations ne seront pas aisées vu la densité de la végétation. Mais nous sommes confiants.
Même s'ils préfèrent rester à l'abri des buissons, nous repérons aisément deux francolins à cou jaune, dont l'un lance un "ko-waaark" grinçant en guise d'avertissement. Il n'est pas rare de les rencontrer le matin ou le soir farfouillant dans les déjections des éléphants à la recherche de graines non digérées.
Que nous dit ce touraco à ventre blanc? De nous en aller quand il crie "gwa" ou "go-away", d'où son nom anglais "go-away-bird". C'est un mâle. On le reconnait à son bec noir. La femelle a un bec de couleur vert "petit pois". Il est frugivore.
Stoïquement posé sur une branche, le martin-chasseur à tête grise ne se soucie pas de nous et reste impavide. C'est une espèce de martin-chasseur qui se nourrit presque exclusivement à l'intérieur des terres. Son régime se compose d'insectes, oisillons, petits mammifères mais aussi reptiles et amphibiens.
Un safari "oiseaux" est très différent d'un safari traditionnel. On s'arrête souvent pour observer ou attendre. C'est fatigant nerveusement car notre attention soutenue ne baisse jamais la garde.
Stop! A quelques mètres de nous, une tourtelette émeraudine picore au sol. Non, ce n'est pas une petite tourte! C'est une petit pigeon mesurant environ 20 cm. Son nom lui vient des taches irisées vert-émeraude sur les rémiges tertiaires et les grandes couvertures (plumes recouvrant la base des rémiges).
Une pie-grièche isabelle femelle est fermement arrimée à sa branche. Elle semble bien inoffensive et pourtant ... Tout comme les autres espèces de pies-grièches, elle empale les proies qu'elle ne consomme pas tout de suite sur une épine ou tout ce qui ressemble à une broche (et ce ne sont pas les acacias qui manquent), ce qui lui servira de garde-manger.
Hum ... qui s'y frotte s'y pique ! Le mâle n'est pas bien loin. Un bandeau noir de pirate lui barre l’œil.
Mais voilà qu'enfin nous apercevons le très rare grand koudou. C'est un mâle, reconnaissable au fait qu'il porte des cornes (no comment) 😉 C'est une espèce d'antilope, plutôt active le matin ou en fin de journée. Le reste du temps, elle préfère rester à couvert sous le feuillage des arbres car dans les endroits dégagés, le koudou est une proie facile pour ses prédateurs vu qu'il n'est pas rapide à la course. Par contre, c'est un excellent sauteur qui peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de hauteur. Mais, hélas, l'homme le chasse aussi pour sa viande et les trophées !!!
Le perroquet à ventre rouge (un mâle sur cette photo), n'est pas facile à observer. On le repère à son cri avant de l'apercevoir ... ou qu'il ne s'esquive à tire-d'aile!
Un autre oiseau coloré attire notre attention: le pipit doré. A ne pas confondre avec la sentinelle à gorge jaune.
Près d'un point d'eau, un gravelot à triple collier parcoure les berges boueuses à la recherche de petits invertébrés. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.
Avant de rentrer au lodge pour le déjeuner, nous retrouvons quelques grands gabarits: des girafes Masaï, reconnaissables aux taches de la robe en forme de feuillage, et quelques oryx à pinceaux, nommés ainsi car ils possèdent une touffe de poils noirs sur les oreilles. Leurs cornes annelées, quasiment rectilignes, peuvent mesurer 1m20.
Quels sont ces borborygmes? Quel étrange animal peut-il produire ces grondements? Hé hé ... ce sont nos estomacs qui réclament leur pitance 😜 Allez, zou ...
C'est notre avant-dernier jour de vacances et je sens que ces délicieux potages journaliers vont me manquer. Eh oui, en safari, quand on ne pique-nique pas, on se régale midi et soir d'un repas 3 services! Je l'ai déjà dit, mais on mange beaucoup trop! Va falloir serrer la ceinture au retour 😏
| Francolin à cou jaune (Yellow-necked spurfowl - Pternistis leucosceptus) |
| Touraco à ventre blanc (White-bellied go-away-bird - Corythaixoides leucogaster) |
| Martin-chasseur à tête grise (Grey-headed kingfisher - Alcyon leucocephala) |
| Tourtelette émeraudine (Emerald-spotted wood dove - Turtur chalcospilos) |
| Pie-grièche isabelle (Isabelline shrike - Lanius isabellinus) |
| Grand koudou (Greater kudu) |
| Perroquet à ventre rouge (Red-bellied parrot - Poicephalus rufiventris) |
| Pipit doré (Golden pipit - Tmtothylacus tenellus) |
| Gravelot à triple collier (Three-banded plover - Charadrius tricollaris) |
| Girafe Masaï ( Giraffa tippelskirchi) |
| Oryx à pinceaux (Oryx gazella callotis) |
Après une pause digestive, nous repartons à l'affût. Tous nos sens sont en éveil, car nous commençons à réaliser que cette fabuleuse évasion africaine touche à sa fin et que, bientôt, adieu veaux, vaches, cochons ... ou plus judicieusement buffles, phacochères ... !
Enk-Aï aurait-elle ressenti notre spleen naissant ? Pas de crépitement dans la cibie cette fois (les touristes sont peu nombreux), mais un coup de chance extraordinaire, inespéré, un rêve éveillé. Une deuxième rencontre, tout aussi magique. Nous circulions mollement sur une piste inexplorée, le nez au vent, les yeux se démultipliant à la ronde quand nous l'avons vu, allongé, au repos, fier, noble, impérial ... notre deuxième léopard 😊 Celui-ci s'est laissé observer, prenant la pose. Une vraie star. Mais son maquillage laisse à désirer! Non, ce ne sont pas des piercings, mais de vilains tiques bien accrochés à son pelage. J'ai tout le loisir de lui tirer le portrait. Nous sommes seuls et il ne montre aucun signe d'agacement. Jusqu'au moment où notre chauffeur donne notre localisation et qu'une voiture arrive près de la nôtre. Dérangé, il se lève et s'en va se poser un peu plus loin, derrière des buissons.
Il nous avait donné l'exclusivité du reportage.
Un vervet semble plongé dans ses pensées. Laissons-le à ses rêves. Ce petit singe possède plusieurs cris pour alerter ses congénères en cas de danger: le cri "serpent" provoque une fuite dans les arbres, le cri "aigle" entraîne un placage au sol et le cri "léopard" une dispersion (cf. Guide des animaux d'Afrique méconnus).
La fin de l'après-midi est plus calme, à part un anhinga d'Afrique, une outarde à ventre noir et un rollier à longs brins sur le point de nous fausser compagnie, RAS. Sauf que ... des éléphants bien dissimulés dans la végétation nous font comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus. Après une ou deux tentatives d'intimidation, nous ne nous attarderons pas et rentrerons tranquillement au lodge.
| Vervet |
| Anhinga d'Afrique (African darter - Anhinga rufa) |
| Outarde à ventre noir (Black-bellied bustard - Lissotis melanogaster) |
| Rollier à longs brins (Lilac-breasted roller - Coracias caudatus) |
12/12/2016 - Tsavo ouest - Retour
"Qui a l'habitude de voyager ...
sait qu'il arrive toujours un moment où il faut partir"
Paul Coelho
Le jour est arrivé où il nous faut quitter cette merveilleuse nature sauvage.
C'est le cœur gros que nous refaisons - pour la énième fois - notre valise. Il faut que nous soyons sortis du parc à 13 heures. D'ici là, nous avons encore toute la matinée pour faire le plein d'images. Nos cinq sens en alerte, nous nous dirigeons lentement vers la sortie.
La faune n'étant pas abondante, on se replie sur la flore. La végétation est dense et touffue. C'est dans ces entrelacs d'acacias, de tamariniers et de buissons que poussent des graminées et autres fleurs multicolores dont je ne connais malheureusement pas les noms.
Un gracieux impala semble avoir quelques démangeaisons.
Du haut de son perchoir, un monticole de roche interroge l'horizon et interpelle un choucador de Hildebrandt: dis-moi, ne vois-tu rien venir ? Celui-ci ne sifflera mot! Remarquez son iris rouge-orangé. Tous comme les autres choucadors (ou spréos), son plumage est irisé.
Quand on parle du loup, on voit sa queue! Voilà justement un choucador superbe venu nous saluer. Bien qu'insectivore, il peut se nourrir de fruits et de baies. Accoutumé à la présence de l'homme, il n'est pas rare qu'il vienne quémander quelques miettes. C'est un bel exemple de commensalisme, à l'instar du moineau domestique. Il est monogame mais la femelle peut s'accoupler avec plusieurs mâles du même groupe ou d'un groupe différent. Altruiste, le célibataire apportera de l'aide aux couples établis en apportant des matériaux pour la construction du nid ou même en nourrissant les jeunes.
Les heures nonchalantes filent soudainement à toute vitesse. A l'approche de la sortie du parc, nous rencontrons encore çà et là quelques groupes de girafes et de zèbres de Burchel (ou de plaine), reconnaissables au fait qu'ils ont le ventre rayé et non pas blanc comme les deux autres espèces de zèbres africains (de Grévy et de montagne).
Une dernière histoire concernant les girafes? Son nom vient de l'arabe "zerafa" qui, selon un article paru dans le hors-série de juin-août 2018 du Courrier international, "est une variante poétique de zarafa qui signifie charmant ou ravissant." Connue aujourd'hui sous le nom de Zarafa, elle fut la 1re girafe à fouler le sol français. Elle avait été offerte au roi Charles X par le vice-roi d'Egypte pour l'Empire ottoman en geste d'apaisement. En octobre 1926, elle débarque à Marseille en provenance d'Alexandrie "sur un bateau dont le pont avait été modifié pour qu'elle puisse passer sa tête par un trou." En 1827, après un périple de 885 km parcourus à pied, Zarafa entre triomphalement dans Paris, accompagnée de ses deux soigneurs. Elle fut logée au Jardin des Plantes jusqu'à sa mort en 1845. On peut encore la voir aujourd'hui au Muséum d'histoire naturelle de La Rochelle. Elle a inspiré la "mode girafe", très populaire à la fin des années 20 (tapisseries, porcelaines, éventails, peignes, savons ...) et influencé l'art (peintures, sculptures animalières).
Alors que nous nous dirigeons vers la sortie du parc, un imprévu nous empêche d'aller plus loin. Les pluies ont creusé une cavité d'eau que notre camionnette ne peut pas franchir sans s'y embourber. Suleiman, les pantalons retroussés, s'engage prudemment. De l'eau jusqu'aux genoux, il confirme que nous devons faire demi tour et prendre une autre piste. On s'en réjouit plutôt mais notre chauffeur est inquiet car nous devons avoir quitté le parc à 13 heures.
| Impala |
| Monticole de roche (Common rock thrush - Monticola saxatilis) |
| Monticole de roche (Common rock thrush - Monticola saxatilis) |
| Choucador de Hildebrandt (Hildebrandt's starling - Lamprotornis hildebrandti) |
| Choucador superbe (Superb starling - Lamprotornis superbus) |
Nous faisons donc demi-tour et empruntons une piste plus praticable. Benedict gaze, tout en restant très prudent. Nous arrivons aux portes du parc. Petit arrêt de circonstance. Cette foi, c'est la fin de l'aventure 😢 Le toit rabattu, nous abordons la route qui nous mènera à Nairobi. Un silence assourdissant se fait dans la camionnette. Seul ronronne le bruit du moteur. Nous n'avons pas le cœur de parler. Pas tout de suite. Nous prenons lentement conscience que la "civilisation" va bien vite nous rattraper, nous happer et nous plier à sa volonté.
Nous déjeunons en cours de route et arrivons à l'aéroport en fin de journée. Notre vol décolle à 23h50. Embrassades, photos souvenirs. Les adieux à Suleiman et Benedict sont tristes. Ils furent nos compagnons de voyage pendant 17 jours. Leur sourire, humour, gentillesse, disponibilité, bonne humeur ... vont nous manquer.
Un dernier regard, un dernier signe de la main ... c'est promis, nous reviendrons !
Ce n'est qu'un au revoir !
Sources:
Sites web
- www.oiseaux.net
- www.lemondedukenya.com
- www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage
- www.oiseaux-birds.com
- http://dico-sciences-animales.cirad.fr/
- www.capsurlemonde.org/afrique-australe/safari.html
- www.wikipedia.org
- www.lemonde.fr
- www.iucn.org/fr
Littérature
- Birds of East Africa - Terry Stevenson and John Fanshawe
- Geo n° 454 - décembre 2016
- Geo Collection "Fantastiques Animaux" - mai/juin 2017
- Science et Vie hors-série n° 279 - juillet 2017
- Le grand guide du Kenya - Gallimard
- Monographie d'Emile Verheyen - 1954
- Terre Sauvage n° 342 - juillet 2017
- Portraits d'oiseaux - Patrick Fichter et Roland Ripoll, Ed. Sud-Ouest
- Courrier international hors-série - juin/août 2018
- National Geographic - août 2018










































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